Ghislenghien: ouverture du procès

C’est devant le tribunal correctionnel de Tournai - siégeant au hall des expositions de la ville - qu’a débuté ce lundi le procès faisant suite à la catastrophe du zoning industriel de Ghislenghien, près d’Ath dans le Hainaut. L’explosion de gaz du 30 juillet 2004 a fait 24 morts et 132 blessés. Le procès, qui doit déterminer les responsabilités, a immédiatement été remis au 15 juin.
Quatorze personnes physiques et entreprises comparaissent devant le tribunal, après avoir été renvoyées en correctionnelle par la Chambre du conseil. Plusieurs personnes ont néanmoins été citées directement par des parties civiles, ce qui a conduit leurs avocats - dès l’ouverture de l’audience - à demander davantage de temps pour étudier les dossiers. Le tribunal a décidé d’un report du procès jusqu’au 15 juin.

C’est le 30 juillet 2004, au petit matin, qu’une fuite de gaz était repérée dans le zoning industriel de Ghislenghien, sur une conduite de gaz haute pression de la société Fluxys, située à un endroit où la société Diamant Boart (devenue entretemps Husqvarna) construisait une nouvelle usine.

Les pompiers n’étaient prévenus que plus d’une heure après la découverte de la fuite. Au moment où ils arrivent sur place, c’est le chaos sur le chantier et personne n’a été évacué.
Juste avant 9h00 de matin, le drame se produit. Une immense poche de gaz s’étant formée dans la conduite explose. Une énorme flamme de feu monte vers le ciel, l’onde thermique occasionne des brûlures graves jusqu’à des centaines de mètres à la ronde, les vibrations de l’explosion ont pu être senties jusqu’à une distance de 10 km.

Au total, ce sont 24 personnes - dont 5 pompiers - qui périssent dans les flammes, et 132 autres qui sont blessées, partiellement mutilées et grièvement brûlées. Ce sera l’une des catastrophes industrielles les plus meurtrières en Belgique.

Plusieurs erreurs constatées

L’instruction, qui aura duré près de 5 ans, a mis à jour plusieurs erreurs commises. Elle a ainsi, notamment, permis de retrouver que la conduite de gaz qui a explosé avait été endommagée par un engin de chantier près d’un mois avant la catastrophe.

D’autre part, les services de secours n’ont été appelés que plus d’une heure après la perception d’une odeur de gaz, le 30 juillet 2004. Une évacuation n’a en outre pas été organisée, le chef des pompiers n’ayant pas connaissance de l’existence de la conduite de gaz souterraine sur le chantier.

Le procès devra tenter de déterminer les responsabilités dans cette catastrophe. Il durera au moins six mois. Le jugement ne devrait tomber qu’en janvier prochain.