Karel De Gucht en visite surprise à Bagdad

Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht est arrivé ce matin à Bagdad pour une visite surprise de deux jours en Irak. C’est la première visite d’un ministre belge dans ce pays depuis 1990. Karel De Gucht a notamment exprimé le souhait de la Belgique de participer à la reconstruction de l'Irak.
Karel De Gucht est arrivé ce matin à l’aéroport international de Bagdad, où il a été accueilli par son homologue irakien, Hoshyar Zebari.

Le ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre doit rencontrer plusieurs membres du gouvernement irakien, dont le Premier ministre Nouri al-Maliki, son homologue Hoshyar Zebari et la ministre des droits de l’Homme, Wedjane Mikhaïl pour normaliser les relations bilatérales avec un pays qu’il considère comme important, notamment en termes économiques.

Karel De Gucht se rendra également à Erbil, dans la région autonome du Kurdistan, qui doit commencer la semaine prochaine à exporter du pétrole extrait de son sous-sol en direction de la Turquie voisine.

La Belgique prête à participer à la reconstruction de l'Irak

Karel De Gucht a exprimé le souhait de la Belgique de participer à la reconstruction de l'Irak, un marché estimé à 400 milliards de dollars.

M. De Gucht a expliqué que la Belgique disposait d'un savoir faire en matière de logistique et d'infrastructure et qu'elle possédait l'un des leaders mondiaux en matière de dragage. Il a également rappelé que la société de travaux publics Besix avait été très présente en Irak, sous le régime de Saddam Hussein, et que c'était une entreprise belge qui y avait construit la première centrale électrique.

Mais les entreprises belges hésitent à retourner en Irak, où la sécurité n'est toujours pas idéale, de l'aveu même de Hoshyar Zebari, ministre irakien des Affaires étrangères.

M. De Gucht a toutefois annoncé qu'une société belge venait de signer tout récemment un contrat pour la construction de 13 stations d'épuration à Bagdad. Il s'agit de la firme Waterleau de Herent, près de Louvain, qui a décroché ce contrat d'environ 22 millions d'euros.

Les relations belgo-irakiennes

La Belgique, qui était très présente en Irak durant la période de Saddam Hussein, a fermé son ambassade à Bagdad en août 1990, après l’invasion du Koweït, et ne l’a pas encore rouverte, malgré les demandes pressantes des nouvelles autorités. Bruxelles invoque des raisons de sécurité et le coût de la protection de l’ambassade et de son personnel pour justifier sa décision.

En 2003, la Belgique avait, avec la France et l’Allemagne, été l’un des plus virulents opposants à l’invasion de l’Irak par les forces américaines, sans mandat du Conseil de sécurité.