Des promesses électorales trop onéreuses?

Si l’on en croit l’analyse budgétaire réalisée par deux universités, à la demande de la radiotélévision publique flamande VRT, la plupart des partis flamands qui se présentent aux élections régionales du 7 juin ne pourront pas mener à bien les promesses électorales qu’ils affichent. Elles dépassent en effet les budgets actuellement disponibles et ne sont donc pas réalistes.
C’est à la demande de la VRT que l’Université Catholique de Louvain (KUL) et l’Université Libre flamande de Bruxelles (VUB) ont analysé les promesses électorales formulées actuellement par les partis flamands qui se présentent aux élections régionales. Ces promesses sont-elles réalistes, voulait savoir la radiotélévision publique, au regard des budgets qui sont actuellement disponibles en Flandre.
Les deux professeurs qui ont dirigé les travaux - Paul De Grauwe pour la KUL et Herman Matthijs (photo) pour la VUB - ont tout d’abord constaté que la plupart des programmes électoraux des partis flamands ne mentionnent que très peu de chiffres concrets qui permettraient de réaliser une véritable analyse budgétaire de leurs projets.

Seuls les nationalistes de la N-VA présentent un programme concret et chiffré. Le programme proposé par les écologistes de Groen ! serait le plus onéreux à concrétiser, estiment les universitaires.

Car c’est là le second problème détecté par les analystes de la VUB et la KUL : les propositions avancées par les partis flamands sont pour la plupart trop onéreuses par rapport aux budgets actuellement disponibles. Des économies massives seraient nécessaires pour les mener à bien, à moins que les partis ne se voient obligés à réduire leurs ambitions.

« Ce sont des contes de fées »

« Si l’on doit déjà économiser 1,5 milliard d’euros sur le budget flamand et qu’on veut le maintenir en équilibre, il faut conclure que de très nombreuses promesses ne pourront pas être réalisées après les élections », affirme Herman Matthijs.
L’économiste Paul De Grauwe (photo) va jusqu’à affirmer : « Toutes ces promesses sont des contes de fées. C’est Alice au Pays des Merveilles ».

Les deux professeurs plaident en faveur de l’introduction d’une règlementation, comme elle est notamment appliquée aux Pays-Bas voisins. Les partis politiques doivent y chiffrer et budgéter leur programme électoral. Ces calculs sont alors même vérifiés par la Cour des comptes néerlandaise.