Le grand débat, une semaine avant le scrutin

C’est une tradition, une semaine avant les élections régionale et européenne du 7 juin, les principaux leaders des huit plus grands partis flamands étaient mis sur le gril durant une heure et demie par les journalistes politiques de la VRT.
Kris Peeters (CD&V) ministre-président flamand sortant était opposé à Dirk Van Mechelen (Open-VLD), ministre flamand du Budget qui lui aussi brigue le poste de ministre-président.

Dégager des moyens pour le jobkorting

Tous les deux estiment avoir accompli du bon boulot, ils veulent un gouvernement flamand fort qui puisse faire des choix.

Tous les deux préféreraient gouverner au sein d’une coalition regroupant le moins de partis possible.

Leur opinion diverge par contre en ce qui concerne les priorités du futur gouvernement flamand.
Si le CD&V défend la régionalisation des allocations familiales, la fin des listes d’attentes dans le secteur social et une économie innovante de son côté, l’Open VLD exige une augmentation du montant de la prime accordée aux Flamands disposant d’un emploi (jobkorting).

Dirk Van Mechelen en fait même une question de principe pour sa participation au futur grouvernement.

"Proclamation unilatérale d'indépendance": impossible

Un autre débat opposait le ministre flamand de l’enseignement, Frank Vandenbroucke (SP.A) et Filip De Winter (Vlaams Belang) chef de fraction au parlement flamand.

Si le premier est partisan d’une réforme de l’Etat et d’une augmentation des compétences des régions, il estime par contre qu’une proclamation unilatérale de l’indépendance de la Flandre, comme le propose le Vlaams Belang serait  impossible à réaliser".

"Travailler moins, gagner moins mais prendre le temps de vivre"

Mieke Vogels des écologistes flamands de Groen était la seule femme politique présente lors de ce débat, elle a défendu l’idée du travail à temps partiel "afin de pouvoir s’occuper de ses enfants ou de personnes âgées".

Groen est sur ce point en totale opposition avec les libéraux de l’Open VLD.

"Nous devons défendre une société où l’on travaille pour vivre et non pas où l’on vit pour travailler" a notamment déclaré Mieke Vogels.

Le SP.A n'a pas besoin du SLP pour perdre les élections

Les partis de gauche vont aux élections du 7 juin en ordre dispersé au grand mécontentement de Frank Vandenbroucke qui s’interroge sur les raisons pour lesquelles le SLP, ancien partenaire de cartel du SP.A fait à présent cavalier seul.

Pour Geert Lambert du Parti social-libéral SLP, les différences entre les deux partis étaient devenues trop importantes pour pouvoir poursuivre ce cartel.

Geert Lambert ajoute "le SP.A n’a pas besoin du SLP pour perdre les élections".

Pas de grande coalition de droite en Flandre

Enfin Jean-Marie De Decker, (Lijst Dedecker) le parti libéral de droite a mis fin au suspens, non il n’y aura pas de grande coalition de droite après le scrutin du 7 juin. Alors qu’il avait toujours déclaré ne vouloir exclure personne, il a finalement reconnu qu’il ne pourra s’associer avec le Vlaams Belang, « sous peine de s’exclure également de toute coalition puisque tous les autres partis politiques refusent de collaborer avec ce parti ».

Paysage politique éclaté

Le paysage politique flamand risque bien d’éclater après le scrutin du 7 juin, puisque selon les sondages seuls les chrétiens-démocrates du CD&V devraient passer la barre des 20%.

Le Vlaams Belang, qui avait recueilli 25% des voix il y a 5 ans, est en recul et n'est plus crédité que de 15%.

Les libéraux de droite de la "Lijst Dedecker" ou les nationalistes de la Nouvelle Alliance-Flamande (N-VA) pourraient prendre la place des socialistes dans le gouvernement régional et former avec les chrétiens-démocrates et les libéraux une majorité très à droite.