Le réveil des "vieux" socialistes

Huit socialistes ou social-démocrates, pas n’importe lesquels - des ténors, des hommes expérimentés - viennent de prendre leur plus belle plume pour lancer un appel à l’opinion publique : allez voter pour que cela change.
Ça y est ! pourrait-on dire - ils se sont réveillés. Ils ont enlevé leurs bouchons d’oreille et ont sorti leurs vieux habits de la naphtaline.
Ils… ? Huit socialistes ou social-démocrates, pas n’importe lesquels, des ténors, des hommes expérimentés - ils ont tous été Premier ministre. Et, dans leur pays, il y a quelques années, quand ils toussaient, ils étaient écoutés. Et quand ils prenaient la parole, on buvait leurs mots... On pourrait même dire que ce sont des "poids lourds" de la Social-Démocratie qui descendent ainsi, d’un pas commun, dans l’arène de la campagne électorale européenne.

L’Espagnol, Felipe Gonzalez et le Portugais Mario Soares, le Français Lionel Jospin et l’Allemand Gerard Schröder, l’Autrichien Franz Vranitzky et le Finlandais Paavo Lipponen, le Polonais Aleksander Kwasniewski et le Grec Constantino Simitis viennent ainsi de prendre leur plus belle plume pour lancer un appel à l’opinion publique : allez voter pour que cela change. "La crise en cours a ouvert une période de choix historiques. Ceci peut conduire soit à une dépression avec chômage en masse nouée avec un repli économique et politique, soit à une opportunité unique de faire émerger un nouveau modèle de croissance avec plus de justice sociale et développement durable noué avec la réforme de l’ordre internationale" écrivent-ils.

Et d’ajouter : Il est "possible de faire émerger une nouvelle majorité dans le Parlement Européen, créant une réelle opportunité pour un candidat du Parti Socialiste Européen".
Ce faisant, cet appel vise aussi, et surtout, leurs camarades socio-démocrates, travaillistes ou socialistes, actuellement au pouvoir en Espagne, au Royaume-Uni, au Portugal ou en Allemagne, dont ils fustigent le sens du conformisme qui les conduit à préférer reconduire un conservateur libéral à la Commission européenne, plutôt que de trouver un candidat en leur sein.

Le rappel à l’ordre est clair : "Les socialistes et les socio-démocrates ont une responsabilité centrale en face de ces choix historiques. C’est à eux de présenter des propositions pour cette transformation. C’est à eux de lutter par le leadership au niveau national, Européen et international", soulignent-ils.

Il serait temps pourrait-on dire ! A 3 jours près, la campagne était terminée…
Sophie Petitjean et Nicolas Gros-Verheyde
Après des études à Paris, Nicolas Gros-Verheyde est parti en reportage dans plusieurs pays d'Europe de l'Est dans les années 1990. Il est spécialiste des questions européennes, correspondant pour France-Soir puis pour Ouest-France, responsable des Dossiers et enquêtes à l'agence de presse Europolitique (Bruxelles).

Sophie Petitjean est jeune diplômée de l'IHECS (journalisme européen) à Bruxelles. Elle collabore à l'agence de presse européenne Europolitique et à la radio publique Vivacité (RTBF).