"7 milliards d’euros nécessaires pour le budget 2010"

Le gouvernement fédéral devra trouver environ 7 milliards d'euros s'il veut respecter les objectifs du programme de stabilité qui prévoit de limiter le déficit des finances publiques à 4% en 2010. C’est ce qu’a déclaré le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Guy Quaden.
Guy Quaden a fait cette annonce au cours de la présentation des projections économiques 2009-2010 pour la Belgique de la Banque nationale.

A politiques inchangées, la Banque nationale de Belgique (BNB) évalue le déficit public belge à 5,5% du PIB en 2009 et à 6% en 2010.

Ces chiffres sont plus élevés que les prévisions dernièrement publiées par le Bureau du Plan car ils prennent en compte les conséquences sur le budget de deux arrêts rendus récemment au détriment de l'Etat belge.

Quant aux objectifs du programme de stabilité adopté par le gouvernement Van Rompuy, ils prévoient de maintenir le déficit public à 3,4% en 2009 et à 4% en 2010.

"Entre 6% de déficit et les 4% du programme de stabilité, il y a 2% de différence, soit 7 milliards d'euros à trouver", a calculé Guy Quaden.

Au niveau de la dette, la BNB prévoit que la dette publique belge repassera la barre des 100% du PIB en 2010, à 103%, contre une dette publique de 84% du PIB en 2007.

La dépression économique évitée ?

Toujours selon les projections économiques 2009-2010 de la BNB, notre pays est toujours confronté à une sévère récession dont les effets ne se sont pas encore totalement fait sentir, notamment sur le marché de l’emploi, mais l’économie va plus que probablement éviter une dépression, c’est-à-dire plusieurs années de croissance négative.

Dans un contexte de récession mondiale et d'une chute du commerce mondial qui n'avait plus été observée depuis les années 30, le PIB belge devrait se contracter de 3,5% en 2009, sa pire performance depuis des décennies, et de 0,2% en 2010, après avoir connu une croissance de 1% en 2008.

Toutes les composantes de l'activité économique sont touchées par la crise et notamment la consommation des ménages, qui devrait diminuer de 1% en 2009. Les investissements des entreprises devraient se contracter de 7% et les exportations de 16%, du jamais vu, selon la BNB.