Un olivier se dessine

Les deux co-présidents d’Ecolo, Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant, ont proposé lundi soir au conseil de fédération de leur parti une formule de négociation associant le PS et le cdH, soit l’Olivier.
Contrairement au nord du pays, l’initiative en vue de la formation des nouveaux gouvernements en Wallonie et à Bruxelles n’a pas été prise par les plus grands partis, soit respectivement le PS et le MR.

C’est Ecolo, qui avait engrangé la plus grande progression, et le cdH qui ont en effet pris les cartes en main. Ces derniers se sont d’abord entretenus avant d’entendre les représentants des socialistes et des libéraux.
Lors de la campagne, ces deux partis, accumulant les querelles, avaient exclu de gouverner ensemble dans les deux régions, alors qu’ils sont associés au gouvernement fédéral.

Les libéraux ont donc finalement été écartés des négociations. Une semaine après les élections régionales, les écologistes et les centristes ont en effet opté pour une coalition de centre-gauche avec le Parti socialiste d'Elio Di Rupo (photo), formant ainsi l’Olivier.

"Les électeurs considèrent que nous sommes une force de gauche", a souligné lundi soir la co-présidente d'Ecolo, Isabelle Durant, pour justifier le choix de négocier avec le Parti socialiste.

Les instances dirigeantes du cdH ont décidé de suivre cette ligne à l'issue d'une réunion qui s'est terminée dans la nuit de lundi et mardi.

"Un véritable changement était possible"

De son côté, le président du MR, Didier Reynders (photo) a déclaré respecter le choix d’une formation politique. "Mais je comprends et partage la déception des très nombreux citoyens qui ont, jusqu'au dernier moment, cru qu'un véritable changement était possible", a-t-il souligné.
Il a par ailleurs repoussé l’idée de quitter la présidence du Mouvement Réformateur après cette mise à l’écart de son parti.

"Je vais continuer à travailler avec la même détermination", a-t-il affirmé. "Et celle-ci n'a pas changé car il y a une attente très forte de changement de la part des Wallons et des Bruxellois. Malheureusement, cette attente n'a pas été traduite dans les choix effectués lundi soir".

Les libéraux se retrouveront donc sur les bancs de l’opposition pour une période de cinq ans. Notons d’ailleurs que cette nouvelle coalition risque d’avoir des conséquences sur le gouvernement fédéral auquel participent encore le MR et le PS. Les libéraux pourraient en effet décider de jouer au client difficile lors notamment des prises de décision.