Sommet européen de deux jours à Bruxelles

Les chefs d’Etats et de gouvernements des 27 pays membres de l’Union sont réunis ces jeudi et vendredi à Bruxelles pour le sommet de clôture de la présidence tchèque. A leur agenda figurent notamment la crise économique et financière, le réchauffement climatique de la planète, des garanties offertes à l’Irlande pour tenter de sauver le Traité de Lisbonne, et un nouveau mandat de 5 ans pour la présidence de la Commission européenne.
Alors que la République tchèque passera le 1er juillet la présidence de l’Union européenne à la Suède (plutôt eurosceptique), les hauts représentants des 27 pays membres rassemblés ces jeudi et vendredi en sommet à Bruxelles tenteront notamment de sauver le Traité de Lisbonne et l’importante réforme de la Commission prévu par ce dernier.

Pour convaincre les Irlandais de voter « oui » au second référendum qui sera organisé fin septembre ou début octobre dans leur pays au sujet du Traité de Lisbonne - à l’opposé du « non » retentissant qu’ils avaient exprimé en juin 2008 (photo) -, les dirigeants de l’Union devaient entériner ce jeudi les « garanties » qu’ils ont proposées à Dublin pour soutenir le vote favorable.
Ces garanties concernent notamment le maintien d’un commissaire européen par pays de l’Union, mais aussi la non remise en question de la neutralité militaire de l’Irlande, de son autonomie fiscale et de l’interdiction de l’avortement.

Les 27 se concerteront aussi sur les moyens de combattre la crise économique et le chômage grandissant au sein de l’Union, ainsi que sur des stratégies pour éviter à l’avenir une nouvelle crise bancaire et renforcer par contre la régulation financière.

A leur agenda figurent également des projets pour combattre à l’échelle européenne le réchauffement de la planète, ainsi que des discussions autour du problème de l’immigration illégale via la côte méditerranéenne et de la menace d’une nouvelle dispute entre la Russie et l’Ukraine au sujet de l’approvisionnement en gaz.

Deuxième mandat pour Barroso ?

L’un des grands thèmes de ce sommet bruxellois est néanmoins aussi le nouveau mandat de 5 ans pour la présidence de la Commission européenne. Le président sortant, le Portugais José Manuel Barroso (photo), devrait obtenir à Bruxelles un soutien de principe des dirigeants de l’Union pour un second mandat, bien que les avis à son sujet soient très partagés.
La plus grande fraction au sein du Parlement européen - celle du Parti populaire européen et des Démocrates européens - souhaite voir Barroso reconduit dans sa fonction, alors que les socialistes et les écologistes y sont radicalement opposés. Les libéraux sont d’avis partagé.

Barroso devrait cependant voir son mandat renouvelé, en l’absence d’autre candidat. L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt (Open VLD), élu le 7 juin dernier au Parlement européen, est qualifié par certains comme contre-candidat possible.

La question est cependant de savoir si la reconduction de José Manuel Barroso sera entérinée lors de la session inaugurale du nouveau Parlement européen à la mi-juillet, ou si le Parlement attendra pour se prononcer le résultat du second référendum irlandais sur le Traité de Lisbonne.

Manifestation d’agriculteurs européens à Bruxelles

Des centaines d’agriculteurs - venus notamment des quatre coins de la Belgique, mais aussi de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Pologne - sont entrés ce jeudi matin dans Bruxelles à bord de tracteurs. Selon la police, quelque 600 tracteurs participeraient à la manifestation des fermiers laitiers à l’occasion du sommet européen.

Les producteurs de lait protestent contre les prix trop bas du lait et demandent aux dirigeants européens de prendre des mesures pour améliorer leur situation. Les prix du lait ne figurent cependant pas à l’agenda du sommet.

La police déconseille à quiconque de s’aventurer ce jeudi dans le centre de Bruxelles avec une voiture, en raison des embouteillages importants qui sont occasionnés par la manifestation des agriculteurs.