Le Programme de stabilité belge jugé irréaliste

La Commission européenne rendra mercredi un avis négatif sur le Programme de stabilité pluriannuel élaboré par le gouvernement fédéral belge. L’information a déjà été divulguée à la suite d’une fuite. La Commission déplore notamment que le Programme se base sur des données économiques aujourd’hui nettement dépassées et que le gouvernement belge n’ait prévu aucune mesure d’économie.
Chaque année, les pays de l’Union membres de la zone euro sont obligés de présenter à la Commission européenne un programme budgétaire pluriannuel. Celle-ci peut ainsi contrôler si les états membres s’en tiennent aux normes budgétaires européennes.

Mercredi prochain, la Commission européenne devrait néanmoins rappeler la Belgique à l’ordre à propos du Programme de stabilité qu’elle a présenté pour les années 2009-2013. Le gouvernement fédéral sera ainsi chargé de revoir sa copie, jugée « irréaliste ».
La Commission estime en effet, dans son rapport sévère, que le Programme belge contient des hypothèses peu crédibles, mais aussi trop de mesures uniques, et qu’il ne prévoit aucune mesures d’économie ni de réformes.

La Commission constate ainsi notamment que les données économiques sur lesquelles le Programme est basé sont aujourd’hui nettement dépassées. Le gouvernement a en effet tenu compte, pour cette année, d’une contraction de l’économie de -1,9%, alors que la Banque nationale (photo) annonce actuellement un recul du produit intérieur brut de -3,5% pour 2009.

Pour 2010, le gouvernement projette une croissance de +0,6%, alors que la Banque nationale escompte un recul de -0,2%. Le Programme actuel prévoit en outre un déficit de 3,5% et de 4% du PIB pour cette année et 2010, alors que la Banque nationale table sur 5,5% et 6%. Une différence qui représente quelque 7 milliards d’euros.

Ni réforme ni économies prévues

La Commission constate de surcroît que le gouvernement belge n’a prévu aucune réforme structurelle ni mesure d’économie, et cela alors que la dette publique est toujours supérieure d’environ 20% à la moyenne européenne.

Le Premier ministre Herman Van Rompuy (CD&V, photo) affirme que le gouvernement fédéral ne pourra pas élaborer de budget définitif avant que les nouveaux gouvernements régionaux aient débuté leur travail. Il en a d’ailleurs informé la Commission européenne.
Cette dernière estime cependant que la Belgique ne peut pas continuer à faire état de crise politique et de climat électoral.