Karel Van Miert est décédé

Le décès de l'ancienne figure de proue du parti socialiste flamand a provoqué de nombreuses réactions dans les rangs de son parti. Freddy Willockx, Willy Claes, Louis Tobback regrettent la perte d'un grand homme et d'un Européen convaincu.
L'ancien commissaire européen à la Concurrence, ministre d’Etat et ancien président du parti socialiste flamand Karel Van Miert est décédé lundi à l'âge de 67 ans. Il serait tombé d'une échelle lors de travaux dans son jardin.
Socialiste, Flamand et Européen, telles étaient les convictions de Karel Van Miert qui était une figure marquante de la politique belge.

Comme président du Parti socialiste flamand, il imprima à son parti un tour pacifiste. Il fut l'un des principaux opposants à l'installation, en Belgique, de missiles de croisière américains.

C'est sous sa présidence que se produit également la rupture avec le PS francophone, alors que les socialistes étaient restés jusque-là la seule formation politique unitaire du royaume.

Licencié en sciences diplomatiques à l'Université de Gand, il rédige une thèse ayant pour sujet le "caractère supranational de la Commission Européenne".

Il décroche un an plus tard le Diplôme d'Etudes Supérieures Européennes au Centre Européen Universitaire de Nancy, avec l'aide d'une bourse du Gouvernement français.

Premier président du parti socialiste flamand

Sur le plan politique, il milite dans les rangs socialistes et devient entre 1970 et 1973, vice-président national, puis secrétaire politique national chez les "Jongsocialisten" (Jeunes Socialistes).

Cette dernière fonction lui donne automatiquement une place au sein du bureau du parti (PSB-BSP, parti socialiste belge, à l'époque).

Il s'emploie par ailleurs à créer les "Rode Leeuwen", les socialistes flamands de l'agglomération bruxelloise.

En 1976, il est nommé secrétaire national adjoint du PSB-BSP, chargé des affaires internationales: un an et demi plus tard, il succède à Willy Claes à la co-présidence du parti.

En 1978, alors que les socialistes belges se divisent en PS et SP désormais autonomes, il devient à 35 ans le premier président du parti flamand, une fonction qu'il occupera jusqu'en janvier 1989.

Commissaire à la concurrence

Pendant quelques années, Karel Van Miert est d'autre part vice-président de l'Union des Partis Socialistes de la Communauté Européenne.

De 1986 à 1992, il exerce aussi la fonction de vice-président de l'Internationale Socialiste.

Le 6 janvier 1989, il est désigné comme membre belge de la Commission européenne, chargé des transports, des consommateurs, des crédits et des investissements.

Quatre ans plus tard, il voit son mandat reconduit et reçoit cette fois le secteur important de la concurrence, du personnel et de l'administration.

Epargné par l'affaire Agusta

Début 1995, il réembarque pour quatre ans dans l'esquif européen mené désormais par le luxembourgeois Jacques Santer, qui succède à Jacques Delors.

Il conserve ses compétences en matière de concurrence, mais cède l'administration et le personnel au finlandais Erkki Liikanen.

Les remous de l'affaire Agusta l'épargnent relativement par rapport à ses amis politiques que sont Willy Claes, ministre des Affaires économiques au moment de la conclusion du contrat d'achat des hélicoptères, et Frank Vandenbroucke, son successeur à la tête du SP.

Ce dernier sera du reste contraint de démissionner en mars 1995 de son poste de ministre des Affaires étrangères.

Ces dernières années, Karel Van Miert n’avait plus de fonction politique active.

Karel Van Miert était le père d'un garçon il était le compagnon Carla Galle.

Le mouvement socialiste déplore la perte d’un "grand homme"

"Le décès de Karel Van Miert est un choc terrible", selon Freddy Willockx, bourgmestre de Saint-Nicolas, qui était depuis bon nombre d'années l'ami de Karel Van Miert.
Dans la passé, il a également été son secrétaire politique. "Le décès de Karel est avant tout une catastrophe énorme pour sa famille et ses amis. Le mouvement socialiste déplore également la perte d'un grand homme".

Karel Van Miert a siégé durant de nombreuses années au Parlement européen. "Il était apprécié de tous".

Freddy Willockx (photo) entretenait encore des contacts réguliers avec Van Miert. "Je l'ai encore eu au téléphone le week-end dernier. Avec d'autres seniors du sp.a, nous avions prévu de rencontrer la semaine prochaine la présidente du parti Caroline Gennez. Nous voulions parvenir à une remobilisation au sein du sp.a.".
Pour Willy Claes, le décès de Karel Miert représente la perte d'un bon ami. "Nous avons travaillé durant de nombreuses années ensemble. Karel Van Miert était également un Européen convaincu, selon Willy Claes.

"Au cours des dernières années, nous avions moins de contacts, étant donné que Karel était souvent à l'étranger. Mais nous nous appelions régulièrement.".
Le socialiste louvaniste Louis Tobback est également sous le choc du décès de Karel Van Miert. "Je perds un très bon ami, même si nous nous voyions moins ces dernières années".

Tobback admire la passion dont faisait preuve Van Miert pour l'Europe. "Dans des interviews récentes, il pouvait encore s'énerver si l'Union européenne faisait l'objet de critiques."

avec Belga