Evacuation massive de sans-papiers à Bruxelles

La police de Bruxelles a évacué vers 5h30 ce mercredi matin, un bâtiment occupé par quelque 400 demandeurs d'asile, rue Antoine Dansaert, à Bruxelles. Certaines personnes ont pris refuge sur le toit de l’immeuble.
La Haute Ecole Erasme, propriétaire du vieux bâtiment Léonidas, affirme vouloir faire évacuer les lieux pour des raisons de sécurité. Les sans-papiers se savaient menacés d'expulsion depuis qu'un huissier leur avait signifié une ordonnance en ce sens jeudi dernier.

Plus de 300 demandeurs d’asile se trouvaient dans le bâtiment au moment de l’entrée des policiers. Selon le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles, Christian De Coninck, les quinze personnes qui se sont réfugiées sur le toit de l’immeuble redescendent au compte-gouttes.
Toujours selon le porte-parole, l'évacuation s'est déroulée dans le calme. Trois personnes, qui étaient ivres, ont été arrêtées administrativement parce qu'elles provoquaient du tumulte en rue.

Les sans-papiers sont autorisés à entrer en petits groupes dans le bâtiment pour aller chercher leurs affaires. "Ils seront ensuite libres de partir et d'aller où ils veulent", selon Christian De Coninck.

Selon l'UDEP, une organisation qui défend les intérêts des sans-papiers, les personnes qui se trouvaient encore sur le toit demandaient un entretien avec Freddy Roosemont, le directeur-général de l'Office des étrangers. Ils ont toutefois finalement également évacué les lieux.

La grande majorité de ces sans-papiers se serait rendue à l'église du Béguinage où d'autres sans-papiers se trouvent déjà.

Un accord gouvernemental pour le 21 juillet?

Le Comité ministériel restreint a convenu ce mercredi que le gouvernement se penchera avant les vacances sur le dossier de l'asile et de l'immigration. Le but est d'arriver à un accord au plus tard pour le 21 juillet.

Le dossier asile et immigration empoisonne la vie politique depuis les élections de juin 2007 et celle du gouvernement fédéral depuis sa mise en place. Il oppose le PS et le cdH à l'Open Vld et plus spécialement à la ministre Annemie Turtelboom.

La discussion concerne surtout la nécessité d'une circulaire fixant des critères de régularisation.

Au cours des derniers mois, la proximité des élections régionales n'a pas facilité la recherche d'un compromis au sein de la majorité mais maintenant que ces élections ont eu lieu, le Premier ministre Herman Van Rompuy espère faire avancer la discussion. Le fond du dossier n'a pas été abordé mercredi par le Comité restreint qui s'est contenté de fixer un calendrier.