Syndicat socialiste en guerre contre les employeurs racistes

Le syndicat socialiste flamand a l’intention de rassembler des preuves sur des entreprises qui pratiqueraient une discrimination face aux candidatures de personnes allochtones à des offres d’emploi. L’ABVV veut également rendre public les noms de ces entreprises, indique le quotidien flamand De Standaard.
Le syndicat socialiste flamand réagit ainsi à la décision d’un tribunal, cette semaine, de ne pas poursuivre pour discrimination l’agence d’intérim Adecco. Cette dernière aurait utilisé des codes permettant de distinguer qu’une entreprise ne souhaite pas engager des intérimaires non-blancs. L’acquittement a été prononcé pour des raisons de procédure.

L’ABVV estime cependant que la décision de justice indique aux entreprises qu’elles peuvent poursuivre des pratiques racistes. Le syndicat a décidé de réagir.
« Pendant des années, nous avons soutenu toutes les campagnes en faveur de la diversité. Lorsqu’une attitude modérée ne porte pas ses fruits, il faut opter pour une approche plus dure », affirme le secrétaire fédéral de l’ABVV, Eddy Van Lancker, dans les pages du Standaard. « Ce n’est pas de la dénonciation. Nous ne voulons pas la guerre. Mais si nous voulons arriver à des résultats, nous devons condamner publiquement les entreprises racistes ».

Le syndicat socialiste affirme recevoir régulièrement des plaintes à propos d’entreprises qui sont discriminatoires, et souvent ce sont les noms des mêmes entreprises qui reviennent. « Les plaintes affluent. Aussi longtemps que les candidats allochtones ne donnent pas leur nom, on les invite à une entrevue. Mais lorsque l’entreprise entend qu’ils sont allochtones, elle invente les excuses les plus folles pour les repousser », affirme Van Lancker.

Le syndicat socialiste s’en prend non seulement aux entreprises, mais aussi aux agences d’intérim. Il estime qu’elles contribuent à l’attitude raciste en collaborant avec les entreprises, pour des raisons commerciales.

« Une honteuse initiative »

L’Union des entrepreneurs indépendants (Unizo) et la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) regrettent l’initiative annoncée par le syndicat socialiste flamand.

L’administrateur-délégué de l’Unizo, Karel Van Eetveld (photo), affirme condamner toute forme de discrimination. « Refuser certaines personnes sur base de leur origine n’est pas correct. C’est punissable et doit donc être combattu. Mais l’initiative de l’ABVV sera contre-productive ».
L’Unizo parle même d’une initiative honteuse et préfère une approche constructive, comme le projet « Jobkanaal », qui permet à des entrepreneurs à s’engager à donner des chances supplémentaires aux groupes défavorisés.

La FEB estime également que l’initiative de l’ABVV n’est pas appropriée pour résoudre le problème de la discrimination sur le marché de l’emploi. « Des listes noires et des techniques de dénonciation ne sont pas une manière appropriée pour résoudre ce problème », déclare Pieter Timmermans, directeur-général de la FEB.

« Un contact direct avec les employeurs ou organisations discriminatoires peut apporter bien davantage de résultats. La FEB veut bien assumer ce rôle et reste ouverte à un dialogue constructif ».