Leterme rappelle l’ambassadeur turc à l’ordre

Le ministère des Affaires Etrangères a annoncé mercredi que son ministre Yves Leterme (CD&V) allait demander des explications à l’ambassadeur de la Turquie en Belgique, Fuat Tanlay, sur ses déclarations à la presse turque à propos du report de l’arrêt que devait rendre la Cour d’appel de Bruxelles dans le procès du groupe d’extrême-gauche turque DHKP-C.
« Le ministre des Affaires Etrangères Yves Leterme a pris connaissance des déclarations de l’ambassadeur de la Turquie en Belgique au sujet du procès contre le DHKP-C », indique le communiqué du ministère.

« Le ministre des Affaires Etrangères a décidé de demander des explications à l’ambassadeur, à son retour, sur les déclarations qu’il a faites à la presse turque ».
Le gouvernement belge semble avoir pris connaissance des propos de l’ambassadeur turc via la publication, sur le site internet du journaliste indépendant Mehmet Koksal établi en Belgique, de la copie d’un article publié jeudi dernier dans le quotidien turc Hürriyet et où figurent les déclarations de l’ambassadeur Fuat Tanlay.

L’ambassadeur en Belgique y critique le report de l’arrêt que devait rendre la Cour d’appel de Bruxelles dans le procès du groupe d’extrême-gauche turque DHKP-C. Fuat Tanlay estime que la Belgique tente de laisser l’affaire sans suite et qualifie le report d’absurde.

Dans l’interview accordée au Hürriyet, l’ambassadeur turc ajoute que la Belgique connaîtra un jour le terrorisme et qu’elle comprendra alors seulement ce que cela signifie. « Un jour cela leur arrivera aussi. C’est alors qu’ils comprendront ce qu’est le terrorisme », a déclaré Tanlay. Le ministre des Affaires Etrangères demande à recevoir le texte de l’interview et des explications de l’ambassadeur en personne.

Procès DHKP-C : réouverture des débats

C’est le 14 juillet dernier que la Cour d’appel de Bruxelles, qui devait rendre son arrêt dans le dossier DHKP-C, décidait de rouvrir les débats. Six personnes présumées membres du groupe d’extrême-gauche turque DHKP-C sont poursuivies par la Cour pour association de malfaiteurs, terrorisme et organisation criminelle.

La Cour a ordonné la réouverture des débats parce qu’elle juge que les préventions doivent être précitées par rapport à la citation. Pour les préventions de terrorisme et d’association de malfaiteurs, la Cour se demande en effet si certains des prévenus ne doivent pas répondre en tant que membre plutôt que de dirigeant du groupe.

Les faits datant de 1999, la Cour estime d’autre part que les prévenus doivent pouvoir se défendre sur base de l’ancienne loi en ce qui concerne le concept d’organisation criminelle. La loi modifiée de 2005 se base en effet sur un concept étendu d’organisation criminelle.

Les débats seront rouverts dès le 14 octobre.