Trois détenus s’évadent de prison à Bruges

Les forces de l’ordre sont toujours à la recherche de Mohammed Johry, Abdel Had Kahjary Melloul et Ashraf Sekkaki, trois détenus au lourd passé judiciaire, qui sont parvenus à s’échapper jeudi après-midi de la prison de Bruges à bord d’un hélicoptère pris en otage par deux complices. Leur trace a été perdue alors qu’ils fuyaient sur l’autoroute E40 en direction de Bruxelles. Le parquet examine plusieurs pistes.
« C’était comme dans un film », témoigne Ludwig Louwagie, le pilote de l’hélicoptère de tourisme qui a été pris en otage ce jeudi après-midi par deux personnes et forcé à atterrir dans la cour intérieure de l’aile I des hommes de la prison de Bruges.
Le couple avaient réservé un vol touristique, avec la société Heli Promotions, et demandé à voir notamment depuis les airs le stade de football Jan Breydel et l’hôpital Saint-Jean. La femme affirmait y travailler.

Mais au moment où l’hélicoptère survolait la prison de Bruges - vers 17h40 -, l’homme a sorti un pistolet de sa veste et contraint le pilote à faire atterrir l’appareil dans la cour intérieure de l’aile I, qui n’est pas recouverte de filets anti-hélicoptères.

Ashraf Sekkaki et ses deux codétenus attendaient déjà dans la cour remplie de détenus, et sont montés à bord. Lorsque le pilote a indiqué que l’hélicoptère était surchargé, l’un des détenus est redescendu et a été abandonné dans la cour par ses complices. L’information a été confirmée par le ministère de la Justice, qui indique que le complice abandonné s’est rendu coupable de prise d’otage du pilote.

Carjacking sur l’autoroute E40

Le couple de « touristes » et les trois détenus ont ensuite forcé le pilote à prendre la fuite vers l’autoroute E40, en direction de Bruxelles. A hauteur d’Aalter, les 5 passagers ont contraint le pilote à atterrir dans une prairie.
Ils ont ensuite forcé une conductrice à s’arrêter et sont montés à bord du véhicule. Après l’avoir gardée en otage pendant un certain temps, les malfrats ont laissé sortir la femme de la voiture, à hauteur de Melle. Elle a ensuite pu être recueillie par le service d’aide aux victimes.

La police croyant que les malfaiteurs avaient pris la direction de la France avec le véhicule volé, la frontière franco-belge a été bloquée par les forces de l’ordre. Il semble cependant que les gangsters se soient plutôt dirigés vers Bruxelles. La voiture n’a toujours pas été retrouvée.

La police fédérale a mis les grands moyens en place pour tenter de retrouver les trois dangereux détenus. Elle examinerait plusieurs pistes.

Un mandat d'arrêt international a été lancé à l'encontre des trois fugitifs.

Déjà d’autres évasions en hélicoptère

Ce n’est pas la première fois que des détenus parviennent, en Belgique, à s’évader de prison à bord d’un hélicoptère. Ainsi, en avril 2007, le détenu français Erik Ferdinand avait pu s’échapper de la sorte de la prison de Lantin, avec l’aide de trois complices.

En octobre 2007, Nordin Benallal avait tenté de s’évader de la prison d’Ittre, mais l’hélicoptère s’était écrasé après que plusieurs détenus s’y soient accrochés. Et en 2007 également, Ashraf Sekkaki aurait tenté de permettre à un complice de s’évader de la prison de Termonde à l’aide d’un hélicoptère.

La prison de Bruges possède une cour intérieure sécurisée à l’aide de filets et piliers. Elle avait introduit la demande, auprès de la Régie des Bâtiments, de faire sécuriser le reste de la prison avec des filets.

Ashraf Sekkaki, la "terreur des flics"

Agé de 25 ou 26 ans, selon les sources, le Malinois Ashraf Sekkaki est assurément le plus connu des trois criminels au lourd passé judiciaire qui sont parvenus à s’échapper ce jeudi de la prison brugeoise. Il a régulièrement séjourné en prison depuis l’âge de 15 ans, pour une série d’attaques à main armée et carjackings notamment - soit un total de 16 faits criminels perpétrés avec violence.

En 2003, il parvint déjà à s’échapper de la prison de Turnhout, avec un complice. Ce n’est qu’après avoir commis de nouvelles attaques à main armée qu’il fut repris par les forces de l’ordre. Depuis lors, il serait obsédé par l’évasion, à tel point qu’en 2007 il fut même déclaré malade mental et interné dans une institution psychiatrique.

En 2008, il élabora les plans d’une nouvelle évasion avec un ami détenu, mais ses projets furent découverts à temps par la police.

Sekkaki aurait également régulièrement menacé de mort des gardiens de prison. C’est la raison pour laquelle la prison de Gand est placée sous haute surveillance ce vendredi et plusieurs gardiens, qui y avaient reçu des menaces, ont été prévenus de l’évasion.