Belliraj condamné à la perpétuité au Maroc

Le Belgo-Marocain Abdelkader Belliraj, accusé d’avoir dirigé un réseau terroristede 35 membres au Maroc et à l’étranger a été condamné ce mardi matin au Maroc à la prison à perpétuité. Belliraj est en outre soupçonné d'avoir commis six meurtres en Belgique. Le procureur avait requis la peine de mort contre lui.
Abdelkader Belliraj comparaissait devant le tribunal anti-terroriste de Salé, près de Rabat. Peu avant 5h du matin (4h au Maroc) le juge a prononcé son verdict le condamnant à la prison à vie pour atteinte à la "sécurité de l'Etat " .
Les 34 autres co-accusés ont été condamnés à des peines allant de 30 ans de prison ferme à un an de prison avec sursis.

Dès que le juge a eu fini de lire l'énoncé du verdict, les parents des accusés qui étaient à l'intérieur de la salle du tribunal ont commencé à scander des slogans dénonçant le jugement.

Le service d'ordre a eu beaucoup de difficultés pour calmer les familles des accusés qui ont estimé que les jugements prononcés étaient trop sévères.

Abdelkader Belliraj est soupçonné d'avoir dirigé un réseau d'islamistes radicaux et d'avoir commis six meurtres en Belgique à la fin des années 80 et au début des années 90.

Protestations d'organisations des droits de l'Homme

Les membres de ce réseau, dont le procès a débuté le 16 octobre 2008, étaient poursuivis pour "atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat", "association de malfaiteurs en vue de préparer et commettre des actes terroristes", "meurtre avec préméditation", "tentative d'homicide volontaire avec préméditation", "vol qualifié et tentative de vol qualifié" et "détention illégale d'armes et d'explosifs".
 
Leur chef présumé, Abdelkader Belliraj, 50 ans, a été arrêté le 18 février 2008 au Maroc avec plusieurs autres personnes en possession d'"un important arsenal d'armes à feu", selon l'accusation.

"Je n'ai pas introduit d'armes à feu au Maroc et nie toute tentative d'actions de ma part visant le renversement du régime", a-t-il plusieurs fois affirmé au cours de son procès.

Abdelkader Belliraj a également nié catégoriquement avoir contribué à faire passer des armes au Front islamique du Salut (FIS, dissout) algérien.

"Jamais je n'ai fait cela", a-t-il dit.

Le procès des 35 prévenus (dont deux en liberté provisoire) a été ponctué de protestations d'organisations de défense des droits de l'Homme contre l'implication dans cette affaire de six islamistes réputés modérés.

Six meurtres politiques en Belgique

A la fin des années 80 et au début des années 90, Abdelkader Belliraj est soupçonné d’avoir commis 6 assassinats "politiques" en Belgique.

Il a d’ailleurs été condamné également au Maroc pour ces faits.

Parmi ses victimes,  deux personnes d’origine juive, l’imam et le bibliothécaire de la Grande mosquée de Bruxelles, le chauffeur de l’ambassade d’Arabie saoudite et un Bruxellois homosexuel.

Lors de son arrestation l’an dernier au Maroc, il avait dans un premier temps reconnu son implication dans ces six assassinats.

Mais par la suite, lors de son procès il s’était rétracté et avait nié catégoriquement son implication.

Belliraj aurait aussi été un informateur de la Sureté de l’Etat en Belgique, ce qui n’a jamais été reconnu officiellement. Son intervention aurait permis d’éviter des attentats sur le sol européen.