“La population va devoir s’adapter”

Trois jours après que le ministre du Budget, Guy Vanhengel (Open VLD), ait affirmé au quotidien francophone Le Soir que la Belgique devrait entrer dans une « période d’austérité absolue » si elle voulait revenir à l’équilibre budgétaire en 2015, le Premier ministre (CD&V) déclare ce samedi au quotidien bruxellois que la situation budgétaire sera encore plus difficile après 2011. Herman Van Rompuy estime que les 10 prochains années seront marquées par l’effort budgétaire, mais qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer.
Selon le Premier ministre belge, « une très grande partie de notre déficit conjoncturel va se transformer en déficit structurel - entre autres vu le vieillissement. Ce qu’on croit être conjoncturel est en fait permanent. La législature prochaine et une très grande partie de celle d’après seront marquées, hélas, par l’effort budgétaire. On est à nouveau partis pour une longue période d’adaptation ».

Mais Herman Van Rompuy ne se veut pas alarmiste. « Tout est surmontable, hein ! Pour vous donner une idée, en 1981, on avait un déficit de 15%. Aujourd’hui, on a moins que la moitié. D’un autre côté, en 1992, le plan global de Dehaene représentait un effort équivalent à la moitié de celui d’aujourd’hui. Donc, aujourd’hui, c’est la moitié de ce qu’on devait faire en 1981 mais le double de ce qu’on devait faire en 1992. Tout çà pour dire qu’on connaît ce genre de problèmes, qu’on les a surmontés. Je suis totalement convaincu qu’on peut aussi franchir l’obstacle qui est devant nous. D’ailleurs, on n’a pas le choix. Mais çà sera très long ».

Et le Premier ministre d’ajouter que « dans les gouvernements de ces 15 dernières années (…), l’effort n’était plus populaire. On va devoir s’adapter. Surtout, la population va devoir s’adapter ».

Pour ce qui est de la réforme de l’Etat, Herman Van Rompuy estime qu’il faudra négocier avant le début de la présidence belge à l’Union européenne (le 1er juillet 2010). Il croit néanmoins « que la réforme se fera en étapes. Celle qu’on espère franchir début 2010 ne sera pas la dernière », conclut-il dans Le Soir.