Electrabel et E.ON échangent des centrales

Le premier électricien en Belgique - filiale de GDF Suez - et le plus gros producteur allemand d’énergie ont annoncé ce vendredi avoir conclu un accord pour l’échange de capacités de production dans leurs centrales électriques respectives. Electrabel obtient ainsi quelque 1.700 mégawatts et des droits de tirage dans plusieurs sites allemands d’E.ON, tandis que l’électricien belge cède à son homologue allemand une quantité similaire dans des centrales belges et néerlandaises. Les deux groupes répondent ainsi aux injonctions de la Commission européenne d’accroître la concurrence dans les deux pays.
Les producteurs d’électricité Electrabel et E.ON sont omniprésents, respectivement sur le marché belge et le marché allemand. C’est la raison pour laquelle la Commission européenne réclame depuis quelques temps que les deux groupes entreprennent quelque chose sur leur marché respectif pour y accroître la concurrence, sous peine de lourdes astreintes.

Les autorités européennes réclamaient plus précisément que les deux géants énergétiques se défassent, dans leur pays respectif, de capacités de production pour laisser la place à des concurrents.
La filiale belge de Gaz de France Suez et le producteur allemand viennent donc de conclure un accord pour s’échanger des centrales électriques, dont une partie nucléaire.

Electrabel obtient ainsi, en Allemagne, un total de 1.691 mégawatts. Il s’agit d’une part de 991 mégawatts dans six sites d’E.ON, parmi lesquels des centrales hydraulique, biomasse, au charbon et au fioul. L’électricien belge reçoit également des droits de tirage dans des centrales nucléaires allemandes, pour l’équivalent de 700 mégawatts.

De son côté, la filiale de GDF Suez cède à E.ON la centrale au gaz de Vilvorde et celle au charbon et à la biomasse de Langerlo, ce qui correspond à 940 mégawatts. L’électricien allemand reçoit en outre des droits de tirage pour 500 mégawatts dans les réacteurs nucléaires de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2.

Electrabel cède aussi 270 mégawatts à E.ON aux Pays-Bas. L’échange réduira de plus de 10% - pour la ramener à 60% - la part de marché d’Electrabel dans le paysage électrique en Belgique. Avec une part de marché de 9% à la suite de l’échange, E.ON deviendra le 3e plus gros producteur d’électricité en Belgique.

L’Europe contente ?

Reste à voir si la Commission européenne donnera son feu vert à l’accord d’échange conclu entre les deux groupes électriciens.

L’an dernier, E.ON s’était engagé à revendre 5.000 mégawatts de sa capacité de production en Allemagne, ainsi que son réseau à haute tension. En échange, les autorités avaient supprimé une astreinte de plusieurs milliards d’euros. En mai dernier, E.ON avait déjà cédé 525 mégawatts à son concurrent allemand EnBW.

Quant à Electrabel, il estime avoir maintenant rempli ses engagements vis-à-vis de l’Etat belge - des engagements compris dans la Pax electrica conclue entre l’Etat et le groupe Suez. Le producteur d’électricité refuse donc de payer les 750 millions d’euros que le gouvernement belge a inscrit dans ses exercices budgétaires de 2008 et 2009 comme impôt extraordinaire pour Electrabel.