Ceci est bien un Rembrandt

Sans le savoir, les Musées royaux des Beaux-arts d’Anvers possédaient depuis 1886 une toile authentique du maître néerlandais. Le « Portrait de bourgmestre » (photo) daté de 1637 a été minutieusement restauré, ce qui a permis ce mercredi au professeur Ernst van de Wetering, expert renommé et initiateur du Rembrandt Research Project, d’établir que la toile était bien une œuvre authentique.
La Belgique vient ainsi de découvrir qu’elle possédait une deuxième œuvre de Rembrandt van Rijn (1606-1669) au sein de ses collections. La première authentifiée est le « Portrait de Nicolaes van Bambeeck », qui est l’une des pièces maîtresses de la collection de peintures hollandaises du 17e siècle des Musées royaux des Beaux-arts de Bruxelles.

C’est en 1886 que les Musées royaux des Beaux-arts d’Anvers (KMSKA) avaient acquis le « Portrait de bourgmestre » pour la modeste somme de 200.000 anciens francs belges (5.000 euros). L’œuvre était signée « Rembrandt f.1637 ».
Elle représente le prédicateur Eleazar Swalmius, un proche de Rembrandt. Il semble d’ailleurs que le maître néerlandais ait aussi réalisé des portraits de la femme et la fille du bourgmestre, mais leur trace a été perdue.

Le tableau était resté jusqu’au début du 18e siècle dans la famille Swalmius, avant de disparaître, puis de faire une réapparition en 1727, en France, dans les collections du Régent Philippe d’Orléans.

Entre le 18e et le 20e siècles, l’authenticité de l’œuvre fut à maintes reprises mise en doute. Par manque de place dans les espaces d’exposition, la toile finit par atterrir dans un entrepôt des Musées anversois.

Restauration et révélation

Il y a quelques années, on mis en route la restauration minutieuse de l’œuvre contestée. Il fallut notamment en enlever d’épaisses couches de vernis brun jaunâtre. « C’était difficile d’apprécier la valeur picturale du tableau d’Anvers : le vêtement noir n’était qu’une masse, les traits du visage étaient engloutis comme le reste » sous le vernis, expliquait au quotidien Le Soir la restauratrice Marie Postec.
Une fois la restauration terminée, les Musées royaux d’Anvers firent appel au professeur Ernst van de Wetering, expert de Rembrandt mondialement renommé. « Dès que je suis entré dans la salle où le portrait venait d’être restauré, j’ai su que c’était un Rembrandt », explique le professeur.

Les signes de cette authenticité ? La position et le traitement des mains, la délicatesse du détail à la barbe et au col, l’arrière-plan mordoré, notamment. Le « Portrait de bourgmestre » a donc retrouvé toute sa dignité.

Il peut être admiré au premier étage des Musées royaux des Beaux-arts d’Anvers, dans la salle E, jusqu’au 30 septembre.