Les bonus prévus par BNP Paribas fâchent

La décision de la banque française BNP Paribas de prévoir environ un milliard d’euros pour les bonus de ses collaborateurs a déclenché en France une nouvelle controverse sur la rémunération variable des traders. En Belgique, où l’on a vu récemment la banque française reprendre la banque Fortis en difficultés, on se pose des questions et s’indigne.
BNP Paribas a confirmé mercredi, indique l’agence France Presse, que le calcul effectué par Libération « est globalement exact ». Le quotidien français avait calculé, sur base des résultats du premier semestre de la banque, que BNP Paribas dégageait une enveloppe d’un milliard d’euros pour verser des bonus aux traders à la fin de l’année.

Alors que le monde financier commence seulement à se remettre lentement d’une crise sans précédent, ce montant exorbitant soulève beaucoup de critiques, et pas seulement en France.

BNP Paribas souligne qu’il s’agit d’un montant « virtuel », « les rémunérations variables n’étant décidées qu’en fin d’année au vu des résultats définitifs de l’exercice ». La banque se dit « naturellement disponible » pour « toute vérification de l’application de sa part des nouvelles règles du G20 encadrant les rémunérations des traders ».
BNP Paribas avait reçu 5,1 milliards d’euros d’aides de l’Etat au titre du plan français de soutien au secteur bancaire. Le Premier ministre français François Fillon a appelé ce jeudi les banques au respect des engagements pris pour les aider à surmonter la crise financière, notamment en matière de bonus.

En Belgique aussi, les critiques fusent. Depuis que Fortis a été repris par BNP Paribas, l’Etat belge possède plus de 9% des actions de la banque française.

Les partis flamands N-VA et SP.A estiment que les représentants du gouvernement belge au sein de l’assemblée générale de BNP Paribas devraient pour le moins poser des questions au sujet du montant astronomique prévu pour l’octroi des bonus. « On peut se demander si des bonus aussi importants donnent un signal approprié », déclarait le député socialiste Bruno Tuybens.