Le "Louise Marie" contre les pirates somaliens

La frégate "Louise-Marie" avec ses 169 membres d’équipage a appareillé ce lundi à 11h pour l'océan Indien afin de participer durant trois mois et demi à l'opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie. Huit para-commandos de Diest sont présents à bord.
Placé sous le commandement du capitaine de frégate Jan De Beurme, le F931 "Louise-Marie", l'une des deux frégates polyvalentes de la Marine, doit être opérationnel dès le 1er septembre au large de l'Afrique orientale, dans une zone allant des parages au golfe d'Aden aux Seychelles.

Soit une zone vaste comme toute la mer Méditerranée, a expliqué vendredi cet officier.

Retour attendu, le 23 décembre

Le navire y patrouillera jusqu'au 13 décembre, avant de mettre le cap sur la Belgique, avec un retour attendu à Zeebrugge le 23 décembre.

Atalanta, lancée en décembre 2008 et prolongée au moins jusque fin 2010, est la première opération maritime de l'Union européenne, avec pour but de faire respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

En clair, de protéger les navires chargés d'acheminer en Somalie l'aide humanitaire du Programme alimentaire mondial (PAM) et des autres "navires vulnérables", ainsi que d'exercer une "surveillance accrue" dans les zones où les pirates somaliens sont actifs.

26 navires originaires de 9 pays

Au total, 26 navires originaires de neuf pays européens participent à cette opération, selon le ministère de la Défense.

Pour une première participation belge à Atalanta, le commandant De Beurme a la ferme intention de ne pas devoir libérer des pirates si son équipage venait à en capturer - comme avait dû le faire un bâtiment néerlandais mais opérant lui sous l'égide de l'OTAN.
"Le Louise-Marie ne libérera pas si facilement des pirates. Mon intention, c'est de les transférer le plus vite possible" vers un endroit où ils pourront être jugés, a-t-il indiqué à l'agence BELGA.

La frégate dispose ainsi d'un "espace de détention" aménagé pour accueillir d'éventuels prisonniers durant quelques jours "dans le respect des conventions internationales".

Le procureur fédéral, Johan Delmulle, a toutefois expliqué que dans l'attente d'une nouvelle loi belge - plus large - sur la piraterie, dont le vote est espéré en octobre, le commandant de la frégate devra, en cas d'arrestation de pirates, prendre contact avec ses services à Bruxelles.

En vertu de l'actuelle loi, qui date de 1928, le parquet fédéral n'est compétent que si le bâtiment attaqué bat pavillon belge.
S'il s'agit d'un bâtiment étranger, le commandant devra s'adresser au pays du pavillon ou au QG d'Atalanta, basé à Northwood (Grande-Bretagne) pour voir quelle suite donner à la capture des pirates. L'une des possibilités est un transfèrement au Kenya - avec lequel l'UE a conclu un accord en mars pour que les présumés pirates puissent y être jugés.

8 para-commandos à bord

Le "Louise-Marie" assurera cette mission avec un équipage de 170 personnes, dont dix-huit femmes, issus des quatre composantes de l'armée.

Elle embarquera ainsi 10% de personnel n'appartenant pas à la Marine, dont un conseiller juridique, un détachement de huit para-commandos et quatre membres de la composante médicale.

La frégate emportera aussi un hélicoptère Alouette III, servi par un pilote et quatre mécaniciens, très utile pour permettre d'identifier un bâtiment suspect à longue distance ou effectuer une évacuation médicale en cas de besoin.

La Belgique, qui présidera l'Union européenne au second semestre 2010, pourrait prendre le commandement de l'opération Atalanta durant cette période si l'UE le lui demande, a déjà laissé entendre le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V).