La magistrate De Tandt accusée de corruption

Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, a ordonné mardi l'ouverture d'une enquête pénale "à charge et à décharge" à l'égard de la présidente du tribunal de commerce de Bruxelles, Francine De Tandt, accusée de corruption par la police judiciaire de Bruxelles.
"J'ai ordonné, par le biais d'une injonction positive envoyée au procureur général auprès de la Cour d'appel de Bruxelles, Marc de le Court, de mener une enquête à charge et à décharge à l'égard de Mme De Tandt", a expliqué lors d'une conférence de presse Stefaan De Clerck (photo).

Le procureur général devrait nommer une juge d'instruction pour déterminer si les accusations de corruption sont fondées.
"Il faut savoir ce qu'il s'est passé. Il s'agit d'un dossier majeur pour la Belgique, je veux la clarté le plus vite possible. Il est inadmissible que des juges soient soupçonnés de corruption", a ajouté le ministre de la Justice.

Le 13 août dernier, la presse belge avait révélé que la juge De Tandt, 63 ans, était accusée par le chef de la police judiciaire de Bruxelles, Glenn Audenaert, d'avoir accepté des pots-de-vin pour favoriser un avocat spécialisé dans le recouvrement d'argent noir auprès d'hommes d'affaires.

M. Audenaert, qui a également accusé de corruption d'autres magistrats sans toutefois citer de noms, a saisi le ministre de la Justice début juillet parce que, selon lui, la haute magistrature mettait depuis des années des bâtons dans les roues de son enquête sur Mme De Tandt.

Francine De Tandt et l'avocat mis en cause ont nié les accusations du chef de la police judiciaire bruxelloise, dénonçant un "complot" mené par M. Audenaert parce qu'ils se seraient attaqués à certaines de ses connaissances.

"Selon les informations dont je dispose, il n'y a aucune indication que d'autres magistrats ont été corrompus ou qu'il y eu de la protection, mais si le magistrat instructeur l'estime nécessaire, il pourra élargir ses investigations à d'autres personnes", a expliqué M. De Clerck.

Le ministre de la Justice a également souligné qu'il n'avait pas le pouvoir d'écarter Mme De Tandt de ses fonctions, les mesures disciplinaires étant de la compétence de sa hiérarchie.
La Commission de la Justice du parlement belge a décidé mardi de se réunir en urgence le 28 août pour se pencher sur un dossier dont dépend, selon le gouvernement, rien de moins que la "crédibilité des institutions démocratiques belges".