“Il ne nous reste qu’à attendre”

Le personnel de l’équipe du matin de l’usine du constructeur automobile Opel à Anvers a été informé de la décision de General Motors de revendre une participation majoritaire dans ses filiales européennes Opel et Vauxhall au consortium russo-canadien Magna/Sberbank. La décision du conseil d’administration du constructeur automobile américain est tombée ce jeudi et a été annoncée par la chancelière allemande Angela Merkel. Le personnel d’Opel Anvers se montre partiellement résigné et partiellement déçu.
Au cours de la conférence de presse organisée ce jeudi après-midi à Berlin pour annoncer la décision du conseil d’administration de General Motors de revendre une participation majoritaire dans ses filiales européennes Opel et Vauxhall à l’équipementier autrichien-canadien Magna, le négociateur principal de GM, John Smith, a déclaré que la site Opel à Anvers était voué à une fermeture progressive.
Opel Anvers emploie actuellement 2.600 personnes de façon directe, mais des milliers d’autres personnes travaillent pour les sous-traitants de l’usine flamande.

En 2008, les chiffres de la Febiac (Fédération belge de l’automobile et du cycle) indiquaient qu’Opel Anvers a produit l’an dernier un peu plus de 132.000 voitures. Un chiffre qui est en baisse depuis plusieurs années puisqu’en 2005 le site anversois produisait encore 253.000 voitures.

Selon John Smith, General Motors mise sur la fin du mois de novembre pour finaliser la vente d’Opel à Magna.

Déception et résignation

Ce vendredi, l’équipe matinale de l’usine d’Anvers a été mise au courant de la décision de General Motors. Le personnel s’est montré déçu, mais aussi résigné.
« Il ne nous reste qu’à attendre, hein, nous ne pouvons encore en dire davantage », affirme un travailleur. La plupart des membres du personnel sont convaincus que l’usine est vouée à la fermeture. « Il y a longtemps que je me suis fait à cette idée. La déception a donc déjà été digérée ».

Le personnel nourrit encore un espoir à propos des négociations sur les primes de départ. « C’est tout ce qui reste : une bonne prime, fermer l’usine et puis nous verrons bien ».

Les syndicats, de leur côté, espèrent obtenir bien plus que de belles primes. Leur combativité pour sauver l’usine Opel d’Anvers n’est pas entamée. « Magna sera assis avec nous à la table des négociations et c’est là que les décisions seront prises », affirme Rudi Kennes (photo) du syndicat socialiste ABVV. « Je répète que nous ne nous résignons pas à la fermeture de l’usine et aux licenciements forcés ».

Une lettre de la direction adaptée

Pour informer le personnel sur la vente d’Opel à l’équipementier autrichien-canadien Magna, la direction de l’usine anversoise distribue à chaque équipe une lettre.

La lettre distribuée à l’équipe de ce vendredi matin était cependant différente de celle remise à l’équipe de nuit. Dans la nouvelle version, un paragraphe avait été enlevé. Ce dernier indiquait que la direction d’Opel Belgique avait des contacts avec Magna qui permettaient de croire à un avenir pour l’usine anversoise.