Le patron du holding Bois Sauvage arrêté

Le juge d’instruction financier bruxellois a décerné jeudi un mandat d’arrêt à l’attention de Vincent Doumier, l’administrateur-délégué de la Compagnie du Bois Sauvage, un holding coté sur Euronext Bruxelles. Doumier est soupçonné de délit d’initié, de faux et usage de faux. A la veille de l’accord conclu entre le gouvernement Leterme et la banque française BNP Paribas pour un sauvetage de Fortis, début octobre 2008, le holding a vendu 3,6 millions d’actions de cette banque.
Plusieurs autres administrateurs du holding Bois Sauvage ont été entendus, mais ils ont ensuite été libérés et n’ont pas été inculpés dans le dossier. Vincent Doumier a part contre été emprisonné. L’action Bois Sauvage a été suspendue jeudi à la Bourse de Bruxelles.

La justice posséderait plusieurs indices que le holding a vendu 3,6 millions d’actions Fortis - soit une large partie de sa participation - après avoir bénéficié d’informations préalables. La vente aurait eu lieu de façon précipitée, sans analyse approfondie.
La transaction jugée litigieuse par la justice date du vendredi 3 octobre 2008. Les actions ont alors été vendues au prix de 5,40 euros. Cette vente avait lieu à la veille de l’accord conclu, le 5 octobre, entre le gouvernement fédéral d’Yves Leterme et la banque française BNP Paribas sur la vente à cette dernière d’une grande partie des actifs belges et luxembourgeois de Fortis.

A l’annonce de l’accord, le cours de l’action Fortis était tombé à 1,5 euro.

En mai dernier, le juge d’instruction avait fait mener des perquisitions au bureau de la Compagnie du Bois Sauvage. Vincent Doumier maintient qu’il n’a rien à se reprocher. La cotation de l’action Bois Sauvage restera suspendu jusqu’à mardi.
Cotée sur Euronext Bruxelles, la Compagnie du Bois Sauvage est active dans plusieurs secteurs. Elle possède, notamment, une participation dans la Banque Degroof et la Banque Berenberg, mais aussi dans les groupes Neuhaus, Recticel, Ter Beke, Umicore, Tessenderlo et Cofinimmo.