Opel: l'UE tient l'intervention allemande à l'œil

La commissaire européenne en charge de la Concurrence, Neelie Kroes, s’est dite préoccupée par l’intervention financière allemande dans le cadre de la vente d’Opel et Vauxhall au consortium russo-canadien Magna/Sberbank.
Depuis la promesse allemande de débloquer 4,5 milliards d’euros d’aides publiques pour aider à sauvegarder Opel qui doit être vendu par General Motors à la firme canadienne Magna, plusieurs pays européens, dont la Belgique, redoutent que les quatre sites allemands d’Opel bénéficient d’un traitement préférentiel en matière de garantie d’emplois au dépens de leurs usines.
Face aux aides publiques allemandes, les 500 millions offerts par la Région flamande pour sauver Opel Anvers ne pèsent en effet pas lourd.

"Ce qui risque de se passer constitue, dans tous les cas, la preuve qu'en l'absence d'approche européenne, les petits pays payent les pots cassés", a déploré l'ancien Premier ministre belge et président du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt (photo).

Ce dernier veut en débattre au Parlement européen et exiger de la Commission européenne qu'elle lance une enquête pour vérifier que toutes les règles ont bien été suivies.
La réaction de la Commission européenne n’a par tardé. Dans un entretien accordé au quotidien économique flamand De Tijd, la commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes (photo), a en effet exprimé sa préoccupation face à cette situation.

"Nous devons éviter que les Etats-membres ne magouillent. Si l’une ou l’autre opération va à l’encontre des règles européennes, j’interviendrai", a-t-elle indiqué.