Ouverture d'une école pour musulmans à Anvers

Vrije Keuze, le groupe d'action anversois opposé à l'interdiction du port du voile, a ouvert cette semaine sa propre école pour les musulmanes qui refusent de retirer leur voile en classe, a annoncé samedi l'imam anversois Nordin Taouil. L'ouverture de cet établissement intervient suite à l'interdiction du port du voile dans l'ensemble des écoles flamandes.
"Une vingtaine de filles sont déjà instruites par des gens du Vrije Keuze", a indiqué Nordin Taouil (photo) dans les journaux De Standaard et Het Nieuwsblad de samedi.
"Il s'agit de filles qui ont refusé de se séparer de leur voile. Elles suivent chez nous les branches classiques suivant l'horaire classique, de 8h30 à 16h00. Comme matière philosophique, nous proposons uniquement l'islam, mais tout le monde est le bienvenu".

"Ce n'est pas une madrassa (école islamique). Si quelqu'un veut suivre des cours de religion catholique chez nous, nous aurons toutefois du mal à trouver un enseignant pour cette matière", explique l'imam.

Le groupe d'action a ouvert cette école en début de semaine. Les élèves proviennent des athénées d'Anvers et d'Hoboken où l'interdiction du port du voile est entrée en vigueur au début de l'année scolaire.

"Réfléchir avant d’agir"

Le ministre flamand de l’Enseignement, Pascal Smet (photo), a demandé à la communauté musulmane de réfléchir avant de procéder à l’ouverture d’une telle école.
"Il est vrai que l’enseignement flamand est libre, et tous ceux qui remplissent les conditions exigées peuvent créer un établissement scolaire", indique Pascal Smet.

"Je trouve toutefois que les écoles doivent représenter un bon mélange de la société. En rue, les enfants se croisent, et il vaut mieux que les écoles soient un reflet de notre société. Des écoles séparées ne me semblent donc pas être une bonne option ", souligne-t-il.

Lundi, le ministre expliquera au Parlement flamand ce qu’il adviendra des filles qui ne vont plus à l’école suite à l’interdiction du port du voile. Ces filles enfreignent en effet le règlement sur l’enseignement obligatoire.