Clijsters l'emporte sur un point de pénalité

L'Américaine Serena Williams, tenante du titre à New York, est sortie par la petite porte samedi à l'US Open en perdant sa demi-finale face à Kim Clijsters sur un point de pénalité récolté après avoir contesté de façon trop véhémente une décision arbitrale.
Clijsters, qui s'est imposée 6-4, 7-5, a réussi l'exploit d'atteindre la finale du dernier tournoi du Grand Chelem de la saison, où elle bénéficie d'une invitation, seulement un mois après son retour sur les courts de tennis. Elle sortait d'une pause de plus de deux ans durant laquelle elle est devenue maman.

La rencontre phare des demi-finales, largement dominée par Clijsters, s'est achevée dans la stupeur et la controverse.
Le score était de 5 jeux à 6 et 15-30 dans la 2e manche sur le service de Serena Williams quand une juge de ligne a signalé une faute de pied de l'Américaine sur sa deuxième balle, qui a du coup débouché sur une double faute et un score de 15-40, soit balle de match.

Serena Williams, échaudée par cette décision arbitrale concernant une faute pas toujours sanctionnée, surtout dans les moments critiques, s'en est alors prise verbalement à la juge de ligne, s'approchant à quelques mètres d'elle en hurlant, pointant sa raquette vers elle d'un air menaçant.

La juge est alors allée rapporter les propos à l'arbitre principal, qui a appelé l'arbitre superviseur du tournoi.

Après quelques minutes de discussion au filet, Serena répétant notamment à l'endroit de la juge de ligne: "je n'ai jamais dit que j'allais vous tuer", le superviseur a signifié à l'Américaine un avertissement pour "conduite anti-sportive".

Cet avertissement étant le deuxième après celui reçu plus tôt dans le match pour avoir cassé sa raquette par terre dans un geste de rage, il a entraîné la perte d'un point pour l'Américaine, et donc du match.
La cadette des Williams a refusé d'expliquer en conférence de presse ce qu'elle avait dit à la juge de ligne. "Je ne me suis jamais battue de ma vie, pourquoi menacerais-je quelqu'un ?", a-t-elle dit.

Kim Clijsters a été la première surprise de la tournure des évènements et quand Williams est venue lui serrer la main dans son côté de terrain, elle a fait signe qu'elle ne voulait pas finir comme ça.

"Je me préparais pour la balle de match, a dit la Belge. J'ai vu Serena parler à la juge de ligne, je n'ai pas compris".

La victoire est amplement méritée pour la Belge, qui a dominé les débats avec un service impeccable et un nombre réduit d'erreurs face à une Américaine qui a perdu quatre fois son service dans ce seul match contre seulement trois fois jusqu'alors dans tout le tournoi.

En finale, Kim Clijsters affrontera, Wozniacki, première Danoise à atteindre le dernier stade d'un tournoi du Grand Chelem.

"C’est dommage mais je suis quand même heureuse"

"C'est dommage que le match se soit fini de cette façon, je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé exactement. J'étais concentrée sur cette balle de match mais les choses ne se sont pas terminées comme je le pensais", a indiqué Kim à la sortie du match.

"Quand tu gagnes, tu préfères le faire sur un point où tu tapes la balle pour avoir cette sensation de la victoire. C'est juste dommage que je n'ai pas ressenti ça. Mais je suis quand même heureuse d'être en finale".

"Je ne l'ai pas menacée"

Serena Williams n'a pas voulu expliquer ce qu'elle a dit à la juge de ligne après laquelle elle s'est passablement énervée. Selon des médias américains, la cadette des soeurs Williams aurait bel et bien menacé la juge de ligne. "Si je pouvais, je prendrais cette balle, je te l'enfoncerais dans la gorge et je te tuerais", aurait-elle notamment dit.

"J’ai dit quelque chose qui m'a coûté un point de pénalité. Et malheureusement, c'était une balle de match. Je ne l'ai pas menacée, je n'ai rien dit. Je ne m'en souviens pas, pour être honnête. J'étais dans l'instant, à un moment crucial du match. Je n'ai jamais pris part à une bagarre dans ma vie, pourquoi se serait-elle sentie menacée ? Je ne veux pas revenir là-dessus, je veux laisser ça derrière moi et passer à autre chose."