“La bulle des bonus a éclaté”

Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays membres de l’Union européenne étaient réunis ce jeudi en sommet informel à Bruxelles, pour adopter une position commune en vue du sommet du G20, qui aura lieu les 24 et 25 septembre prochains à Pittsburgh aux Etats-Unis. Ils sont tombés d’accord pour réclamer une limitation sensible des bonus dans le secteur financier.
Le sommet de deux jours prévu fin septembre à Pittsburgh, aux Etats-Unis, rassemblera les 19 plus grandes puissances économiques au monde ainsi que l’Union européenne, dans le but de discuter des mesures qui devraient permettre d’éviter une crise financière mondiale.

Les 27 pays de l’Union représentent plus de 20% de la production économique mondiale. Il est donc important qu’ils parlent d’une seule voix au G20, pour pouvoir peser de tout leur poids. C’est dans cette optique que les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 étaient réunis ce jeudi soir à Bruxelles en sommet informel.
Les membres de l’Union ne sont cependant pas parvenus à s’accorder avant la fin de la soirée, notamment en ce qui concerne les bonus élevés accordés aux banquiers. Le président français Nicolas Sarkozy (photo) réclamait un plafonnement des bonus, et menaçait même de quitter la table des négociations si aucun accord n’était trouvé au sujet des bonus. Le Premier ministre britannique Gordon Brown craignait par contre que pareil plafonnement n’ait des conséquences fâcheuses pour le cœur financier de Londres.

Vers 23h00, un compromis était finalement conclu entre les 27. Ils s’accordaient sur une limitation sensible des bonus dans le secteur financier. Le Premier ministre suédois Frederik Reinfeldt (photo principale), dont le pays assume actuellement la présidence tournante de l’Union, se montrait très sévère à l’encontre des rémunérations inadéquates. « Assez est assez. Pour nous, la bulle des bonus a éclaté ce soir ».

Les conclusions adoptées ce jeudi soir appellent ainsi les leaders du G20 à s’engager sur l’adoption de règles contraignantes pour le secteur financier. Les 27 plaident notamment pour que les bonus variables soient fixés à « un niveau approprié par rapport à la rémunération » et qu’ils dépendent des « performances de la banque en tenant compte des développements négatifs, pour éviter les bonus garantis ».

Pas de plafonnement des bonus, donc, mais une limitation des bonus si les gains d’une institution financière diminuent à long terme. Les 27 veulent aussi réclamer à Pittsburgh que des actions décisives soient prises pour lutter contre le réchauffement de la planète.