Maurice Lippens rompt le silence

Maurice Lippens reconnaît que des erreurs ont été commises dans la débâcle de Fortis. "Mais aucune de ces erreurs n'était une faute", souligne-t-il dans une interview parue ce samedi dans les journaux De Tijd et L'Echo.
Il est également critique à l'égard du gouvernement belge "qui avait dit 'tant pis pour l'actionnaire'" et contre les autorités néerlandaises qui ont "trahi leur parole".
Nous avons fait toute une série d'erreurs, notamment dans la communication. Je crois qu'aucune des ces erreurs n'était une faute. Il n'y avait aucune intention de mal faire. Nous avons essayé de faire le mieux possible mais quand on fait quelque chose, on se trompe parfois.

Et on s'est trompés", commente Maurice Lippens qui dit aussi comprendre la colère des actionnaires de Fortis lors des assemblées générales.

"Moi même j'étais en colère. Contre le gouvernement et les présidents de parti qui ont dit - et ils avaient raison- qu'il fallait sauver l'épargnant et l'emploi. Mais quand ils ont dit 'tant pis pour l'actionnaire', j'estimais qu'ils faisaient une erreur économique grave."

Leterme, furieux après les critiques de Lippens

Le ministre des Affaires étrangères et ancien premier ministre Yves Leterme n'apprécie pas les critiques de l'ancien président de Fortis Maurice Lippens à l'égard du politique. "Je pense que tout le monde sait clairement qui a entraîné la société dans les problèmes", indique Yves Leterme dans le quotidien De Standaard.

"Au moment où Fortis s'est effondrée, la valeur pour les actionnaires était nulle. Nous avons travaillé jour et nuit pour trouver une solution. Et je n'ai ni vu ni entendu Maurice Lippens à ce moment-là. Heureusement que le gouvernement était bien là", souligne encore l'actuel ministre des Affaires étrangères.