Grosse cure d’amincissement pour l’armée

Au cours des trois prochaines années, l’armée fermera 23 de ses 80 casernes militaires. C’est l’une des mesures d’économies qui figurent dans l’important plan de réforme pour l’armée présenté par le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V). Les syndicats estiment qu’il s’agit de la plus importante restructuration depuis le retrait de l’armée belge de l’Allemagne.

Le ministre de la Défense a présenté son Plan de réforme ce lundi soir, devant la direction générale de l’armée, à Evere. Les syndicats s’attendaient à des économies et des restrictions, mais affirment que le projet de Pieter De Crem (photo) va bien plus loin qu’escompté.

Le ministre de la Défense projette ainsi de fermer, d’ici fin 2012, pas moins de 23 des 80 casernes de l’armée. Les fermetures les plus frappantes seront celles des casernes de Bierset, Diest, Haasdonk et Sijzele.

Le nombre de militaires devra également diminuer, pour passer de 41.000 à 34.000. Jusqu’ici le chiffre d’un peu plus de 37.000 militaires restants avait été avancé. Les emplois disparaîtront au rythme de départs naturels, mais aussi de « suspensions volontaires des prestations ».

Pieter De Crem insiste sur le fait que toutes les composantes de l’armée devront se serrer la ceinture, tout en affirmant que la Belgique continuera à être impliquée dans un nombre suffisant d’obligations internationales au sein de l’Otan et de l’Union européenne.

Le ministre souhaite également engager 1.300 nouvelles personnes par an et gardera 1.200 militaires belges à disposition pour des opérations à l’étranger.

Restructuration à tous niveaux

En Flandre, ce sont les casernes de Weelde, une partie des terrains de tir de Brasschaat, Helchteren, la caserne des paracommandos de Diest, Sijzele et le terrain d’aviation militaire de Goetsenhoven près de Tirlemont qui seront fermés.

En Wallonie, ce sont plusieurs casernes dans le Hainaut, celle de Baronville, Bastogne et l’aéroport militaire de Bierset qui seront sacrifiés.

L’armée de terre ne se composera à l’avenir plus que de deux brigades : une médiane avec des blindés et une brigade légère autour des unités de paracommandos, ainsi que le 12e/13e régiment de ligne de Spa avec ses véhicules légers.

Une commande de 22 chars blindés équipés de canons de 90 mm a été supprimée, en échange de 132 véhicules Dingo et de 104 nouvelles voitures blindées pour l’infanterie.

L’armée de l’air devra se séparer de 6 avions de combat F-16 et de 8 hélicoptères Agusta. Les 20 Agusta restants déménageront de Bierset vers Bevekom.

La marine devra, elle, fonctionner avec un chasseur de mines en moins. Quant à la branche médicale de l’armée, elle fermera ses antennes à Destelbergen, Landen et Ghlin, pour installer ce personnel à Neder-over-Heembeek, près de Bruxelles.

Mécontentement

Les syndicats se disent surpris de ce qu’ils qualifient de la plus importante restructuration au sein de l’armée depuis son retrait de l’Allemagne, au début des années 1990.

Le syndicat socialiste affirme ne pas pouvoir approuver le Plan de Pieter De Crem. Il établira sa stratégie la semaine prochaine, mais n’exclut pas des actions de protestation. Le syndicat chrétien réclame un plan social, ainsi que des mesures compensatoires en liaison avec le logement et la mobilité.

Le bourgmestre de Damme (Flandre occidentale), Dirk Bisschop (CD&V), se dit fâché de la fermeture de la caserne dans la commune rattachée de Sijsele. Il craint la disparition d’emplois.