Pédophilie: la Cour européenne donne raison à la Belgique

Le maintien en internement d’un pédophile récidiviste, à l’issue d’une peine de prison, est justifié s’il est jugé dangereux pour la société. C’est ce qu’a estimé la Cour européenne des droits de l’Homme dans un arrêt qui donne raison au gouvernement belge.

La plainte avait été déposée par un pédophile de 63 ans, Georges de Schepper, qui se plaignait d'être maintenu en internement depuis l'expiration de sa dernière condamnation, en octobre 2006. Il avait été emprisonné à huit reprises pour des faits de pédophilie, viols et attentats à la pudeur, à compter de 1970.

Le 9 octobre 2006, au dernier jour de sa peine, la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, ordonna l'internement de M. de Schepper, constatant que sa remise en liberté constituerait un danger pour la société.

Cette décision était motivée par l'absence d'une structure adéquate de longue durée pour accueillir un homme marqué par de nombreuses affaires de mœurs impliquant des mineurs, par une déviance sexuelle grave, les risques liés à l'abus d'alcool, sa minimisation constante des faits et son absence totale de sentiment de culpabilité, rappelle la Cour européenne.

Dans leur arrêt, les juges européens relèvent que les autorités ont fait de multiples tentatives de placement en établissement psychiatrique, qui ont échoué. Une pré-thérapie administrée en prison n'a pas non plus eu les résultats escomptés.

Selon la Cour européenne, la détention de M. de Schepper se justifie par la nécessité de protéger la société, alors qu'il y avait impossibilité thérapeutique pour les établissements contactés de traiter le requérant.