Pour une politique réaliste en matière de drogues en Belgique

Sept décès de toxicomanes sur dix sont dus à une overdose d’héroïne ? C’est ce qui ressort d’un rapport de l’Institut Scientifique de Santé Publique. Dans une lettre ouverte plusieurs personnalités flamandes demandent au gouvernement de mener une politique qui soit plus réaliste en matière de drogues.

Les chercheurs de l’Institut Scientifique de Santé Publique ont analysé les drogues illicites confisquées en Belgique au cours de l’année 2008.

La composition des drogues illicites change en permanence et de nouvelles substances font leur apparition.

Les drogues illicites sont toujours mélangées avec des substances variées, à différentes doses, qui rendent leur consommation encore plus dangereuse.

Ainsi les pilules d’ecstasy y contiennent en général aussi de la caféine et des amphétamines.

Ces substances augmentent l’effet de la drogue mais sont aussi dangereuses.

Ainsi, 18 % des comprimés d’ecstasy présentaient un taux dangereusement élevé de MDMA.

Le taux de THC, la substance active du cannabis, est clairement variable, mais dépassait rarement les 20 %.

Plusieurs sénateurs et professeurs flamands ont adressé une lettre ouverte au gouvernement dans laquelle ils lui demandent de mener une politique des drogues qui soit plus réaliste.

Cette lettre a été notamment cosignée par les senateurs Paul Wille (Open VLD), Jean-Jacques De Gucht (Open VLD), Freya Piryns (Groen!) et Geert Lambert (SLP), ainsi que par l’athlète Cedric Van Branteghem et le chanteur Walter Grootaers.

La drogue belge est de mauvaise qualité

Les signataires demandent un contrôle de la qualité de la drogue vendue en Belgique. Aux Pays-Bas, où le marché de la drogue est fort similaire au marché belge du point de vue de l’offre et de la demande, les consommateurs peuvent déjà éviter les risques graves pour la santé grâce au réseau de testing DIMS (drugs info and monitoring system).

Le testing permet de rencontrer le consommateur dans un cadre individualisé sans risque d’être jugé ou de perdre son anonymat, de répondre à ses questions liées à la consommation de drogues ainsi que de l’informer sur les risques qu’il prend et les moyens de les réduire.

Les signataires de la lettre ouverte demande que la Belgique fasse de même. Enfin ils estiment que le droit pénal belge en matière de drogue est très éloigné de la réalité. "Les sortes et la drogue sont indissociables et toute rigidité morale ne fera qu'entraver la mise en place d'une politique de santé progressive et adaptée" ajoute les signataires.

Au début du mois la ministre de la santé Laurette Onkelinx (PS) avait annoncé son intention de contrôler les drogues illégales vendues dans les discothèques en Belgique.