La mafia des hormones, toujours bien active en Belgique ?

Selon Flor Van Noppen, le frère du vétérinaire assassiné, "la mafia des hormones continuerait à contaminer la viande en Belgique, l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) serait impuissante et la question des hormones ne constituerait plus une priorité pour les forces de l’ordre".

D'après Flor Van Noppen (N-VA), député et frère du vétérinaire Karel Van Noppen assassiné en 1995, on utiliserait à présent des produits qui exploitent les hormones naturelles ou qui sont des cocktails quasi indétectable".

"Les cocktails contiennent des substances interdites mais juste assez pour que celles-ci ne puissent pas être détectées."

Le travail est effectué de plus en plus souvent par des hommes de paille.

"Les petits agriculteurs engraissent leur bétail pour le compte d'autres", selon Flor Van Noppen.

"Et s'ils se font prendre, ils encourent généralement de légères sanctions. Leur patron les indemnise alors pour le désagrément encouru. C'est un comportement purement mafieux", conclut-il.

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) serait totalement impuissante face à ce phénomène et cette question ne constituerait plus une priorité pour la police fédérale.

Réaction de l’AFSCA

L’AFSCA a publié un communiqué lundi et dément avec force les critiques de Flor Van Noppen. L’AFSCA s‘est toujours investie, dans le cadre de ses compétences, dans la lutte contre l’usage illégal des hormones tant au plan du personnel que des moyens.
Depuis la création de l’Agence, l’Unité nationale d’Enquête – NOE - fondée en 2003 dispose de personnel supplémentaire (2 personnes) mis à sa disposition.
La Direction générale Laboratoire qui travaille en collaboration étroite avec la NOE en ce qui concerne les méthodes de recherche, dispose de la compétence et de l’infrastructure nécessaires.

L’AFSCA prend une part active aux deux réunions hebdomadaires de la Cellule multidisciplinaire "hormone" sous la direction de la Police fédérale où l’information est partagée. Via un protocole interne entre l’AFSCA et la Police fédérale, une étroite collaboration de personnel existe entre la Cellule Hormone et l’AFSCA.

Dans sa lutte contre la maffia des hormones, l’AFSCA œuvre très étroitement avec la police ; l’action semestrielle dans l’arrondissement de Courtrai en est une preuve. D’autres actions similaires sont d’ailleurs programmées dans le pays. Dans les abattoirs, les animaux en surpoids ( p. ex. les femelles dont la carcasse excède 600 kg) sont analysés.

Ainsi, en 2008, sur plus de 1000 animaux échantillonnés dans les abattoirs 5 se sont avérés non conformes. Dans les entreprises, plus de 900 animaux ont été échantillonnés.
Lors de ces échantillonnages, les fonctionnaires du contrôle attachent de plus en plus d’attention au « matériel » présent dans les entreprises. Ainsi, en est-il des produits injectables interdits trouvés et de la présence de suppléments alimentaires dans les entreprises.

En ce qui concerne les hormones naturelles, il est en effet toujours fait appel à un laboratoire étranger. Depuis mi 2008, des efforts conjugués sont consentis par l’AFSCA en collaboration avec le labo "LABERCA" à Nantes pour solutionner ce problème tant au niveau du matériel que dans le domaine de l’expertise.