GM change d’avis sur la vente d’Opel

Le constructeur américain General Motors a annoncé qu'il avait décidé de ne plus vendre sa marque Opel au Canadien Magna, en raison d'un environnement devenu plus favorable, et qu'il tenterait plutôt de la restructurer. Le ministre-président flamand, Kris Peeters, a demandé que la clarté soit rapidement faite sur le sort de l’usine d’Anvers.

"Vu l'amélioration de l'environnement pour GM ces derniers mois et étant donné l'importance d'Opel/Vauxhall pour la stratégie internationale de GM, le conseil d'administration a décidé de conserver Opel et va engager une restructuration de ses opérations en Europe le plus rapidement possible", explique le groupe dans un communiqué.

Le constructeur va "rapidement présenter son plan de restructuration en Allemagne et aux gouvernements concernés et espère qu'ils l'accueilleront favorablement", a ajouté Fritz Henderson, directeur général du groupe.

"Nous comprenons que la complexité et la lenteur de ce processus ont été épuisantes pour tous ceux qui étaient partie prenante. Mais depuis le début, notre but a été d'assurer la meilleure solution à long terme pour nos clients, employés, fournisseurs et revendeurs", a-t-il ajouté.

La solution finalement choisie a été jugée "la plus stable et la moins coûteuse pour assurer l'avenir d'Opel/Vauxhall à long terme", a-t-il poursuivi. GM a annoncé que la restructuration envisagée coûterait environ 3 milliards d'euros.

Le groupe a fait son annonce concernant Opel le jour même d'une visite aux Etats-Unis de la chancelière allemande Angela Merkel qui s'était fortement engagée en faveur de la cession d'Opel à Magna.
 

Surpris, Kris Peeters veut la clarté

Le ministre-président flamand Kris Peeters s'est déclaré surpris par la décision de General Motors de ne pas vendre Opel au consortium Magna/Sberbank. Il réclame que la clarté soit faite dans le courant de la semaine prochaine sur le sort de l'usine d'Anvers.

Interrogé mercredi matin sur la VRT, Kris Peeters (photo) a estimé que le dossier avait pris une tournure curieuse, qui ne permet toujours pas de lever les incertitudes.

"GM avait un plan de restructuration qui n'était pas bon pour Anvers. On parle maintenant d'un autre plan. La question est de savoir quelle est la position d'Anvers dans ce plan", a-t-il dit.

D'après lui, la direction de GM a déjà fait part de sa volonté de prendre contact rapidement avec les gouvernements concernés en Europe. D'ici là, le ministre-président flamand entend organiser une réunion du groupe de travail composé d'experts et de représentants des syndicats.

Le gouvernement régional était prêt à mettre 500 millions d'euros sur la table dans le cadre de la reprise d'Opel. L'offre reste valable. "Si Anvers reçoit un avenir durable, on peut en parler", a-t-il affirmé.
 

Les syndicats en croient à peine leurs oreilles

Tout comme son vis-à-vis socialiste, la CSC restait abasourdie après avoir appris la décision du constructeur GM. "Nous ne savons pas encore ce que cela signifie pour les usines européennes et pour Anvers mais nous espérons obtenir plus d'informations rapidement", souligne Luc Van Grinsven (CSC).

Le syndicaliste précise que, jusqu'ici, les négociations se poursuivaient avec la direction anversoise autour d'un plan d'économies avec, comme scénario de base, une reprise par Magna. "Et maintenant cette décision de GM tombée dans la nuit. Tout cela est à peine croyable", commente-t-il.

Luc Van Grinsven a également rappelé que les premières intentions de GM étaient de fermer l'usine anversoise. "La semaine dernière, dans le cadre d'un scénario de reprise, nous avons présenté le plan d'entreprise local à Magna et GM. Nous espérons tout de même une réponse positive de la part de GM là-dessus. Magna a toujours été prêt à considérer sérieusement cette proposition", poursuit le délégué.