Mouvement de grève bien suivi à la SNCB

L’action de grève lancée ce mercredi à 22 heures, et pour 24 heures, par les syndicats de la Société nationale de chemins de fer belges est « très bien suivie ». C’est en tous cas ce qu’affirme Pierre Lejeune, le secrétaire national CGSP Cheminots. La circulation des trains internationaux Thalys, Eurostar et TGV était également perturbée ce jeudi.

« Le mouvement est suivi partout sur l’ensemble du réseau. Tout est à l’arrêt », précisait ce jeudi matin à la gare de Bruxelles-Midi le secrétaire national CGSP Cheminots, Pierre Lejeune. Les équipes qui entamaient leur service à 6h00 ce jeudi ont donc bien suivi le mouvement de protestation enclenché par leurs collègues à 22h00, mercredi soir.

« Aucun train ne circule », confirmait Jochem Govaerts de la SNCB. « Il y aura un nouveau changement d’équipe ce jeudi à 14h00, mais je ne pense pas que cela modifiera la situation ».

Le trafic ferroviaire international est également très perturbé par l’action de grève en Belgique. Ainsi, les trains Thalys (photo) entre Bruxelles et Paris ne circulent pas, tandis que les trains Eurostar et TGV venant de France ne vont pas plus loin que Lille et les ICE allemands s’arrêtent à Aix-la-Chapelle.

De nombreux voyageurs qui devaient prendre le train ce jeudi ont finalement opté pour l’avion. La compagnie aérienne City Jet a ainsi enregistré davantage de réservations pour des vols entre Anvers et London City, tandis que les compagnies British Airways et British Midland ont augmenté leur capacité sur les vols entre Bruxelles et London Heathrow.

Les clients d’Air France qui devaient prendre un long courrier à partir de l’aéroport parisien Charles de Gaulle pouvaient s’y rendre grâce à des bus-navettes organisés par la compagnie aérienne française au départ de Bruxelles.

En cette semaine de vacances scolaires, la grève des chemins de fer belges ne semble par contre pas avoir eu d’impact trop important sur la circulation routière. « Les embouteillages ne sont pas plus prononcés que la normale, mais ils ont cependant commencé un peu plus tôt que d’habitude », expliquait Karin De Greeve de la rédaction routière de la VRT. « Nous avons vécu une matinée comme celle d’un jour de travail », renchérissait Hajo Beeckman du Centre de circulation routière pour la Flandre.

"Quelque 3.000 emplois en danger"

Les syndicats ont organisé la grève de 24 heures pour souligner leur inquiétude face à la restructuration prévue au sein de la division fret (B-Cargo) de l’entreprise ferroviaire et à la filiation de cette division. « Le statut du personnel ferroviaire est en danger », affirme Jos Dignette du syndicat chrétien. « Et quelque 3.000 emplois sont également en danger ».

Le syndicat libéral souhaite rechercher, en collaboration avec les autres syndicats et la direction de la SNCB, des moyens d’éviter à l’avenir des actions de grève. Le syndicat n’approuve pas vraiment cette grève et estime que les voyageurs ont droit à un service. Selon le syndicaliste Roland Vermeulen, le médiateur pourrait aider à l’avenir à éviter les conflits.

« Nous avons finalement été obligés de participer à l’action de protestation lancée par les autres syndicats », explique Vermeulen. « Nous voulions aussi montrer à nos affiliés que nous sommes prêts à nous battre pour eux ».

Entretemps, l’administrateur-délégué et président du Comité de direction de la SNCB, Marc Descheemaecker (photo), a affirmé « comprendre l’action de grève menée par les cheminots ». Tout en précisant que « le statut des cheminots est important à la SBCB puisqu’il représente 30% des statuts du groupe ».

L’administrateur-délégué réfute néanmoins toute volonté de licenciement.

« A l’instar d’autres pays, l’Europe nous oblige de filialiser notre activité de fret. Nous avons gagné 10 à 13% des parts de marché sur ces deux dernières années. C’est un marché porteur mais il faut faire preuve de flexibilité pour rester un opérateur logistique performant. Le nombre de cheminots sera réduit de 38.000 à 37.000, mais cela ne se fera pas sous forme de licenciements. Le groupe s’est même engagé à enrôler entre 1.800 et 1.900 personnes par an pendant les 10 prochaines années ».