Grippe porcine: les généralistes vaccinent

La seconde vague de vaccination contre la grippe A/H1N1 a débuté. Depuis ce samedi matin, les patients appartenant aux groupes à risques, considérés comme prioritaires, peuvent se faire vacciner gratuitement par un généraliste. De nombreuses communes lancent également une campagne d’information au sujet de la grippe porcine et organisent des jours de vaccination commune.

La ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS, photo), annonçait vendredi, lors d’une conférence de presse, le lancement ce samedi de la deuxième vague de vaccination contre la grippe A/H1N1. La ministre a insisté sur l’importance de vacciner les personnes appartenant aux groupes à risques.

« La grippe saisonnière s’attaquait surtout aux personnes âgées. La grippe A/H1N1, quant à elle, s’attaque principalement aux enfants, aux jeunes et aux femmes enceintes. Chaque décès serait d’autant plus inacceptable. D’où notre extrême vigilance. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas de faire du chiffre en vaccinant le plus de monde possible. Ce que nous voulons, c’est vacciner le plus grand nombre de personnes qui courent réellement un risque », expliquait la ministre fédérale.

Les groupes à risques comprennent, notamment, les patients souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes, les parents de jeunes enfants, les enseignants et le personnel des crèches. Le personnel soignant, comme les médecins et les infirmiers, ont déjà reçu le vaccin lors de la première phase de vaccination.

Selon les spécialistes, le vaccin ne serait pas dangereux. Les patients ressentent néanmoins en général davantage d’effets secondaires que lorsqu’ils reçoivent un vaccin contre la grippe saisonnière. Il s’agit notamment de douleurs à l’endroit de l’injection ou d’une légère fièvre, mais ces symptômes disparaissent généralement après deux jours.

Ces derniers temps, des doutes ont été exprimés à propos de la sûreté du vaccin. Ce sont avant tout les femmes enceintes qui hésiteraient à se faire vacciner. Le professeur Pierre Van Damme, expert en vaccinations, affirme cependant qu’il n’y a pas de raison d’hésiter à se faire vacciner.

« C’est justement parce que les femmes enceintes appartiennent aux groupes à risques que ces vaccins ont été bien contrôlés du point de vue toxicologique, et qu’ils sont sûrs. Je n’hésiterais pas : une femme enceinte court un risque et doit se faire vacciner ».

Le vaccin n’est pas en vente libre et n’est donc pas disponible pour les personnes qui n’appartiennent pas aux groupes à risques. C’est le médecin qui propose donc aux personnes concernées de se faire vacciner.

Vaccination des sans-abri

Le Secrétaire d’Etat à l’Intégration sociale et la Lutte contre la pauvreté, Philippe Courard (PS, photo), a donné ce vendredi la mission aux Centres publics d’aide sociale (CPAS) d’organiser pour les sans-abri des séances de vaccination gratuite contre la grippe A/H1N1.

Les personnes sans domicile fixe constituent un groupe à risque face à la pandémie. Leur vaccination se déroulera dans des hôpitaux, des centres d’accueil pour sans-abri, ainsi que chez les médecins généralistes.

L’organisation de séances de vaccination pour le public doit être prioritaire dans les grandes villes, comme Bruxelles, Anvers, Charleroi et Liège, où les sans-abri sont les plus nombreux, souligne Philippe Courard.

Campagne d’information des communes

Un certain nombre de communes flamandes organiseront ces prochaines semaines des journées spéciales de vaccination. Elles souhaitent faire vacciner de façon groupées leurs habitants appartenant aux groupes à risques.

A la maison communale de Steenokkerzeel (Brabant flamand), des vaccinations étaient déjà administrées ce samedi. « Nous organisons des jours de vaccination parce que c’est plus efficace, plus pratique et plus rapide », explique le docteur Bart Van Essche. « C’est aussi une façon d’éviter que le moins de personnes possible, qui font partie des groupes à risques, ne soient oubliées ».

Les prochains week-ends également, de nombreuses communes organiseront des vaccinations groupées.

Les vaccins contre la grippe mexicaine sont gratuits, pour les personnes appartenant aux groupes à risques. En Belgique, il y a actuellement 1 million de vaccins disponibles pour ces groupes prioritaires. Il s’agit des personnes suivantes :

• les généralistes et le personnel des soins de santé
• les personnes (âgées de plus de 6 mois) qui courent un risque médical ou peuvent connaître des complications, voire même mourir (par exemple lorsqu’elles sont traitées contre un cancer)
• toute personne travaillant dans l’enseignement ou dans l’accueil à la petite enfance
• les femmes enceintes et celles qui suivent un traitement pour insémination artificielle
• tous les parents de bébés de moins de 6 mois
• les personnes sans-abri

Vous trouverez davantage d’informations sur la grippe A/H1N1 sur le site du Commissariat interministériel Influenza www.influenza.be