Qui pourra vaincre Herman?

A la veille du sommet européen qui doit désigner un président de l’Union, il n’existe toujours pas de consensus quant au candidat à cette fonction. Une question semble toutefois revenir : le favori Herman Van Rompuy obtiendra-t-il le poste ou bien la décision sera-t-elle reportée ?

Les chefs d’Etats et dirigeants européens se réunissent jeudi soir dans le cadre d’un dîner afin de trancher. L’actuel président suédois de l’Union européenne ne semble en tous cas prendre aucun risque. Selon certaines sources diplomatiques, la Suède a en effet déjà prévu un petit-déjeuner pour le vendredi matin, au cas où les 27 Etats-membres ne parviennent pas à se mettre d’accord. Si ce scénario a lieu, les pourparlers devraient alors continuer dans la journée de vendredi. Au pire, la décision sera reportée au prochain sommet européen. Mais le temps presse. Le nouveau président doit en effet prendre ses fonctions le 1er décembre prochain.

Si aucun consensus n’est actuellement de mise, le Premier ministre belge Herman Van Rompuy est toujours donné comme favori. La plus grande opposition à sa nomination semble provenir de la Grande-Bretagne qui défend corps et âme son propre candidat, Tony Blair. Ces derniers jours, la presse britannique a même lancé une offensive contre Van Rompuy.

Il se peut par ailleurs que les Britanniques jouent un jeu de bluff dans le but d’obtenir un avantage sur un autre terrain de jeu, en l’occurrence un poste important au sein de la Commission européenne. Les Néerlandais, et leur très sérieux candidat et Premier ministre Jan-Peter Balkenende, pourraient également pratiquer le même genre de manœuvre. La Haye pourrait ainsi laisser tomber la candidature de Balkenende si par exemple Neelie Kroes demeure au poste de Commissaire à la Concurrence.

Quoi qu’il en soit, il semble qu’Herman Van Rompuy peut compter sur le soutien de l’Allemagne et de la France. Mais ce soutien est-il nécessairement positif ? Il existe en effet une possibilité que les autres pays de l’Union considèrent la nomination de Van Rompuy comme un nouvel arrangement en aparté franco-allemand.

Notons enfin que les femmes ont de leur côté également donné de la voix afin d’obtenir l’un des postes dirigeants de l'UE en jeu, celui de président ou celui de chef de la diplomatie. Une seule femme est actuellement candidate à la présidence de l’Union. Il s’agit de l’ancienne président de la Lettonie, Vaira Vike-Freiberga.

Le suspens reste donc à son comble. Il faudra sans doute attendre vendredi pour savoir s’il y aura, ou non, fumée blanche pour Herman Van Rompuy.