Un plan de crise pour le port anversois

En réaction à une baisse importante du trafic de marchandises au port d’Anvers, les autorités portuaires de la métropole ont préparé un plan de crise. Il prévoit de geler, voire dans certains cas de baisser, les tarifs pour le transbordement. La mesure comporte cependant quelques conditions.

La crise économique mondiale se fait nettement sentir dans le secteur portuaire. Le port d’Anvers a, lui aussi, constaté ces derniers mois une baisse importante de son trafic, évaluée à 17% de diminution. Les autorités portuaires anversoises ont donc été forcées de réagir en préparant un plan de crise.

Ce plan prévoit notamment un gel des tarifs que doivent payer les entreprises pour faire transborder leurs marchandises au port d’Anvers. Le transbordement de fruits, de papier, de bois et d’acier générant le plus d’emplois dans le port, les tarifs pour le transbordement de ce type de marchandises diminueront de 10%.

Une condition est cependant liée à cette baisse de tarif, à savoir que la productivité des travailleurs du port augmente. Le travail devra en outre être organisé de façon moins stricte, « sans pour autant compromettre la sécurité et sans mettre en cause le statut important des travailleurs portuaires », indique Eddy Bruyninckx qui dirige l’Entreprise portuaire anversoise.

Statut inchangé, mais davantage de souplesse

Bruyninckx reconnaît que le statut des travailleurs portuaires est « un point très sensible ». « Et soyons sincères : la productivité des travailleurs portuaires a contribué à faire d’Anvers un port important », souligne-t-il. « Mais les difficultés administratives risquent aussi de nuire au port. Il aura fallu un certain temps, mais je pense que tout le monde est maintenant convaincu de la nécessité d’y remédier ».

Même son de cloche du côté de l’échevin du port, Marc Van Peel (CD&V, photo). « Lorsqu’il a été question, par le passé, d’y changer quelque chose, on nous a demandé quel était réellement le problème. A l’époque, le trafic était en hausse constante », explique Van Peel en réaction au plan de crise. « Depuis un an, nous vivons maintenant dans une situation différente ».

L’échevin Marc Van Peel estime que la législation ne doit pas être modifiée, mais que « certaines relations trop rigides » doivent être changées. Il pense notamment à « certains accords de travail qui se sont formés au fil du temps, mais qui dans certains cas semblent maintenant presque appartenir au Moyen-âge ».

Tout récemment, le port néerlandais de Rotterdam - le plus grand concurrent européen du port d’Anvers - a décidé de réduire drastiquement ses tarifs portuaires. Les autorités du port anversois n’envisagent actuellement pas de faire de la surenchère à ces tarifs réduits.