Vanhecke quitte la direction du Vlaams Belang

A peine un jour après que le Vlaams Belang ait approuvé la nouvelle composition de sa direction ainsi qu’un nouveau texte programmatique, l’ancien président du parti flamand d’extrême-droite a présenté dimanche sa démission de la direction du VB. Il entend protester ainsi contre l’évolution du parti et ce qu’il qualifie de « prise de pouvoir du clan des Anversois ».

Samedi, lors du congrès du parti d’extrême-droite à Beveren une crise avait été évitée au sein du Vlaams Belang alors qu’étaient approuvés le nouveau texte programmatique du président Bruno Valkeniers et la nouvelle direction du parti. « Les rangs se sont resserrés », affirmait-on au sein du VB. Mais la démission de Frank Vanhecke de la direction du parti, à peine 24 heures plus tard, contredit cette apparente accalmie.

Frank Vanhecke avait d’ailleurs été l’un des membres à s’exprimer samedi contre la nouvelle direction du parti, dans laquelle il a automatiquement son mot à dire en tant que chef de fraction au Parlement européen. Un jour plus tard, il faisait un pas de plus : il annonçait sa démission de la direction du parti.

Vanhecke entend ainsi protester contre ce qu’il qualifie d’une « prise de pouvoir du clan des Anversois ». Au sein du Vlaams Belang des voix s’élèvent en effet contre le fait que le groupe proche de Filip Dewinter et Gerolf Annemans tenterait de s’approprier des fonctions importantes au sein du parti.

« Pendant le congrès du parti, samedi, j’ai appelé à ne pas voter la proposition d’une nouvelle direction du Vlaams Belang. Je démissionne pour rester conséquent avec moi-même », explique Vanhecke. Il souligne qu’il reste bien membre du parti flamand d’extrême-droite.

"Les membres doivent maintenant annoncer leur couleur"

Le président du Vlaams Belang, Bruno Valkeniers, confirmait ce dimanche la démission de Vanhecke alors qu’il était l’un des invités de l’émission dominicale « De Zevende Dag » de la VRT (photo). La lettre de démission lui était parvenue moins d’une heure plus tôt.

« Je pense que Frank Vanhecke a été conséquent avec sa position », réagissait Valkeniers, tout en espérant que l’ancien président du VB continuera à collaborer de façon conséquente depuis le conseil du parti.

La démission d’un ancien président de parti est une première dans l’histoire du Vlaams Belang. Mais Valkeniers ne s’est pas laissé démonter. « Ce n’est en effet encore jamais arrivé, mais ainsi soit-il. Nous devons maintenant aller de l’avant avec le reste de la direction du parti, avec pour base le texte de vision et stratégie qui a été approuvé ».

Ce texte élaboré par Bruno Valkeniers - mais qui aurait été affaibli sous la pression de Filip Dewinter et Gerolf Annemans - jette les bases d’une nouvelle orientation du parti d’extrême-droite. Le parti y affirme ainsi vouloir briser le cordon sanitaire dont il fait l’objet, avant les élections communales de 2012, et se présenter comme un parti au programme radical. « Une collaboration avec d’autres partis pro-flamands et l’exercice de responsabilités politiques, surtout aux niveaux local et régional, doivent être une réelle option ». Le texte insiste aussi sur la nécessité d’apaiser les querelles internes.

D’autres protestations au sein du parti

Frank Vanhecke n’est pas le seul poids-lourd du Vlaams Belang à tourner le dos à la direction du parti. Il y a quelques jours, Marie-Rose Morel (photo) annonçait sur son site internet qu’elle renonçait à sa candidature au poste de vice-présidente du parti. Quant au sénateur de Communauté, Karim Van Overmeire, il refusait de siéger au bureau du parti. Tous trois se montraient très critiques vis-à-vis de l’actuel cours du parti.

Les protestations exprimées par Vanhecke, Morel et Van Overmeire ne sont pas un signe de méfiance, affirmait Bruno Valkeniers ce dimanche. « Ces prochains jours, nous verrons sûrement encore des répercussions, mais c’est ainsi. Les gens doivent maintenant annoncer leur couleur. Le texte de vision est approuvé (…). Je me porte garant qu’il sera exécuté.

Bruno Valkeniers refuse de reconnaître une situation de crise au sein de son parti.