Des mesures en Flandre contre la fièvre Q

Alors que la ministre fédérale de la Santé publique, Laurette Onkelinx, indiquait ce jeudi que la situation actuelle ne nécessitait pas de mesures spécifiques contre la maladie infectieuse en Belgique, la Flandre prend déjà quelques mesures concrètes. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire et le département de la Santé publique effectueront ainsi un monitoring renforcé, tandis qu’une concertation avec les Pays-Bas - plus touchés par la contamination - sera intensifiée. A terme, les chèvres pourront être vaccinées.

La fièvre Q est une maladie infectieuse transmissible à l’homme, provoquée par une bactérie présente chez des animaux domestiques comme les chèvres, les moutons ou les vaches. Elle se transmet notamment via du lait contaminé. Propagée dans l’air, elle peut contaminer les êtres humains et provoquer chez eux des inflammations aux poumons ou au cœur. Dans les cas les plus graves, le patient peut en mourir.

Aux Pays-Bas, quelque 2.500 personnes ont été contaminées cette année et six d’entre elles sont décédées. La Belgique est actuellement nettement moins affectée par la maladie. Le pays ne compte en effet qu’une quarantaine d’élevages de plus de 150 chèvres, tandis que les Pays-Bas possèdent environ 350 entreprises de 1.000 chèvres en moyenne.

En Belgique, la « maladie de la chèvre » a déjà été transmise à 36 personnes cette année. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) annonçait ce jeudi avoir officiellement connaissance de l’existence de deux entreprises d’élevage de chèvres - l’une en Flandre et l’autre en Wallonie - où la fièvre Q a été détectée.

Interrogée à la Chambre ce jeudi, la ministre fédérale de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), a relativisé le danger en Belgique et annoncé qu’aucune mesure spécifique ne s’imposait encore actuellement. Le ministre-président flamand, Kris Peeters (CD&V), soulignait également que la situation en Belgique n’était pas comparable à celle aux Pays-Bas.

Monitoring, concertation, contrôles et vaccin

Kris Peeters (photo) avait cependant réuni à son cabinet, ce jeudi après-midi, des représentants des gouvernements fédéral et régionaux, des secteurs de la santé et de l’agriculture, ainsi que des responsables de l’AFSCA.

A l’issue de cette réunion, il a été convenu que l’Agence fédérale pour la sécurité alimentaire et le département de la Santé publique pratiqueront un monitoring renforcé. La concertation avec les Pays-Bas sur l’évolution de la situation de part et d’autre de la frontière commune sera poursuivie ces prochaines semaines.

D’autre part, les transports de chèvres ou de matériel liés à leur élevage - comme le lait - entre les Pays-Bas et la Flandre, et inversement, seront sévèrement contrôlés.

En tant que ministre régional de l’Agriculture, Kris Peeters a aussi indiqué qu’une procédure a été engagée pour accélérer la mise à disposition des éleveurs d’un vaccin pour les chèvres contre la maladie.