Greenpeace s’introduit au sommet européen

Onze militants de l’organisation de défense de l’environnement sont parvenus, jeudi soir, à franchir les contrôles de sécurité et à entrer dans la cour intérieure du bâtiment Juste Lipse à Bruxelles - où se tenait le sommet européen - à bord de limousines et munis de fausses accréditations. La police bruxelloise affirme qu’elle ne pouvait faire grand-chose contre des manifestants aussi bien préparés. Les militants ont été libérés ce vendredi.

« Si nous avions imaginé que quelqu’un puisse être assez stupide que pour créer une situation aussi dangereuse, cela ne serait vraisemblablement pas arrivé », déclarait Christian De Coninck de la police bruxelloise à l’issue de l’incident de taille. Il estime cependant que la sécurité entourant le sommet européen de Bruxelles ne présente pas de réelles failles.

Tout aussi surprise que les autres personnes présentes jeudi soir dans la cour intérieure du bâtiment Juste Lipse où se tenait le sommet européen, la police de Bruxelles-Ixelles est intervenue pour arrêter 11 militants de Greenpeace qui étaient parvenus à s’introduire dans cette cour.

Ils étaient descendus de trois limousines qui avaient été équipées d’un gyrophare bleu et d’une accréditation « délégation » et ressemblaient à s’y méprendre à des véhicules de la police. Les onze manifestants étaient habillés en costumes et munis de fausses accréditations du type de celle de la presse.

Ils ont déroulés des banderoles arborant notamment les mots « EU : save Copenhague » et délivré un message de protestation en anglais. Les militants ont été mis à la disposition du parquet, puis libérés ce vendredi matin. Ils seront cependant poursuivis pour faux en écriture et utilisation de faux documents, mais aussi pour immixtion dans la fonction publique.

« Le climat est la véritable sécurité »

« La véritable infraction à la sécurité est l’échec des dirigeants européens à protéger leurs citoyens contre les conséquences du changement climatique, et pas quelques banderoles », affirmait Greenpeace en réaction à l’incident.

Ce dernier soulève néanmoins de sérieuses questions sur le dispositif de sécurité entourant les sommets européens. La ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom (photo), a réagi en affirmant qu’une enquête sera ouverte sur les failles des services de sécurité.

L’enquête et l’évaluation seront réalisées par le Centre de crise du gouvernement fédéral.