Un inculpé belge au procès Eternit

Le plus grand procès jamais organisé sur l’amiante s’est ouvert ce jeudi devant le tribunal de Turin (Italie). Les inculpés sont deux anciens dirigeants de la société italienne du groupe suisse de matériaux de construction Eternit : le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Jean-Louis Marie Ghislain de Cartier de Marchienne. Ils sont accusés d’être responsables de la mort de plus de 2.000 personnes en Italie.

La première audience du procès, ce jeudi devant le tribunal de Turin, a été consacrée à la constitution des parties civiles. Leur nombre dépasse les 2.100, alors que la prochaine audience a été fixée au 25 janvier 2010.

Les deux inculpés ne se sont pas présentés à l’audience. Il s’agit du milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, dont le groupe fut un important actionnaire d’Eternit Italie entre 1976 et 1986, et le Belge Jean-Louis Marie Ghislain de Cartier de Marcienne qui fut actionnaire minoritaire et administrateur de la société italienne au début des années 1970.

Eternit Italie utilisa de l’amiante cancérogène dans ses matériaux entre le moment de sa création en 1906 jusqu’à sa faillite en 1986, soit six ans avant l’interdiction de l’amiante dans le pays. L’entreprise aurait pris trop peu de mesures pour protéger ses travailleurs et la population vivant aux alentours des usines.

Catastrophe environnementale et tragédie humaine

Considérés par le parquet, à l’issue d’une enquête de plus de 5 ans, comme les responsables effectifs de la gestion d’Eternit Italie, Schmidheiny et de Cartier de Marchienne sont jugés à Turin pour avoir provoqué une catastrophe environnementale et enfreint aux règles de la sécurité au travail.

Les parties civiles accusent les deux hommes d’être ainsi responsables de la mort de plus de 2.000 personnes et d’en avoir rendu malades quelque 800 autres - anciens ouvriers ou habitants de Casale Monferrato, Cavagnolo, Rubiera et Bagnoli, les villes où Eternit avait ses usines. La défense dément leur responsabilité directe dans la gestion de la société italienne.

Les deux hommes risquent de 3 à 12 ans de prison. Les victimes réclament en outre plusieurs centaines de millions d’euros de dédommagements. Stephan Schmidheiny a, pour sa part, déjà indemnisé quelque 1.500 victimes.