A Haïti, on meurt aussi d’infection

Les organisations humanitaires qui sont venues en aide aux victimes du séisme du 12 janvier sur Haïti mettent en garde contre une augmentation du nombre de morts. Elles constatent en effet que nombre de personnes qui ont été blessées ou grièvement blessées et qui sont laissées sans soins médicaux risquent de décéder prochainement d’infections ou d’épuisement.

Le docteur Luc Beaucourt, qui se trouve depuis une semaine dans un hôpital à Port-au-Prince avec une équipe de médecins flamands, confirme les craintes des organisations d’aide actives sur le terrain.

Le docteur Beaucourt (photo) attend pour ces prochains jours un afflux important de blessés dans les hôpitaux. « Il y a des fractures ouvertes, des fractures fermées, des plaies énormes, mais aussi des plaies qui sont très infectées ». Il estime que des « dizaines ou des centaines » de survivants du séisme pourraient encore mourir des suites de leurs blessures.

« J’ai vécu de nombreuses catastrophes, mais ce qui m’a déçu le plus ici quand nous sommes arrivés, c’est un sentiment d’impuissance. Il y avait des blessés couchés dans les rues, sans que personne ne les assiste ou ne s’occupe d’eux ».

L’équipe de médecins flamands a donc travaillé les premiers jours essentiellement dans les rues, pour apporter une première aide d’urgence et désinfecter les plaies. Mais le travail qui reste à faire est immense.

En plus de blessures, il y a le danger de l’apparition de maladies et d’infections. La situation sanitaire est (très) mauvaise dans les camps surpeuplés. Les secouristes craignent avant tout de voir apparaître des diarrhées, des infections des voies respiratoires et d’autres maladies infectieuses.

Des enfants adoptifs arrivés en Belgique

Dans la nuit de mercredi à jeudi, une trentaine de personnes en provenance d’Haïti atterrissaient à nouveau à l’aéroport militaire de Melsbroek. Il s’agissait de secouristes, mais aussi de personnes qui se trouvaient à Haïti au moment du tremblement de terre. Parmi elles, quatre Belges et une fillette haïtienne adoptée par des Belges.

Dimanche, un premier vol était arrivé à Melsbroek, avec 106 personnes à son bord. Parmi elles, plusieurs dizaines de Belges qui résidaient et travaillaient en Haïti au moment de la catastrophe naturelle.

Entretemps, un avion transportant 106 enfants adoptifs a quitté Haïti. Ces enfants pourront tenter de refaire leur vie au sein de familles néerlandaises et luxembourgeoises. Il s’agit d’orphelins pour lesquels la procédure d’adoption avait déjà été mise en route et a été accélérée à la suite du séisme.

Emission TV au bénéfice des victimes

La télévision publique flamande VRT et la télévision commerciale flamande VMMa organisent ce jeudi 21 janvier, entre 20h40 et 21h40, une grande émission commune de récolte de fonds au bénéfice des victimes du séisme. Elle sera diffusée sur les chaînes flamandes Eén et Vtm.

L’émission sera modérée par les présentateurs Martine Tanghe et Stef Wauters. « Help Haïti » diffusera notamment des reportages réalisés par des journalistes de la VRT et de VTM qui se trouvent dans la région sinistrée. De nombreuses personnalités connues en Flandre apporteront également leur soutien, sur le plateau de télévision, à cette grande action de mobilisation.

Les deux chaînes concurrentes avaient déjà pris pareille initiative lors du tsunami qui avait ravagé fin décembre 2004 l’Indonésie, le Sri Lanka et le sud de l’Inde.

Depuis une semaine, les organisations humanitaires belges Caritas International, Handicap International, Oxfam-Solidarité, Médecins du Monde et Unicef Belgique ont en outre lancé l’opération « Haïti Lavi 12-12 », avec un compte en banque commun pour les versements de dons : 000-0000012-12.