Les gardiens de prison sont en grève

Le personnel pénitentiaire a entamé ce jeudi, à 22h00, une grève de 24 heures pour protester contre le manque de sécurité dans les prisons belges. Les policiers, qui remplacent les gardiens pendant leur arrêt de travail, menacent également d’interrompre le travail si des violences éclataient dans les prisons.

L’action de protestation est menée en front commun syndical. Ce vendredi vers 11h00, quelque 600 gardiens de prison se sont retrouvés à la Colonne du Congrès à Bruxelles pour une manifestation.

Le personnel pénitentiaire proteste notamment contre la surpopulation carcérale, les évasions de détenus, les faits de violence et les problèmes de drogue qui se produisent de plus en plus souvent dans les prisons du pays. Selon le syndicat socialiste, près de 4 incidents se produiraient par jour dans les prisons qui visent le personnel pénitentiaire, et 5 incidents qui touchent les prisonniers eux-mêmes.

Les gardiens exigent le recrutement de personnel supplémentaire, mais aussi une augmentation de la capacité des prisons. Ils proposent en outre un élargissement de mesures alternatives de détention, telles que la surveillance électronique.

Pour remédier aux problèmes de drogues, le personnel propose notamment le recours au dépistage, mais aussi la création d’équipes qui inspecteraient régulièrement les bâtiments ou l’installation de scanners pour contrôler les visiteurs.

Les syndicats soulèvent également le problème du vieillissement des infrastructures et le bon entretien des systèmes de sécurité. Les gardiens devraient reprendre le travail samedi à 6h20.

Les policiers aussi inquiets

Entretemps, les policiers qui ont repris le travail des gardiens en grève s’inquiètent aussi pour leur sécurité. Le syndicat SNPS a demandé à ses membres d’arrêter le travail s’ils sont confrontés à de la violence pendant leur garde.

« Les gardiens se sentent en insécurité parce qu’ils sont régulièrement menacés ou attaqués. Nous constatons que nos collègues ont exactement le même sentiment pendant qu’ils remplacent les gardiens. Ils ont donc aussi le droit de faire grève », affirme le syndicat.

Les autres syndicats policiers sont divisés sur la question. « Le droit de grève des gardiens doit absolument être préservé », estime Jan Adam de l’ACV. « S’ils ne peuvent plus compter sur un remplacement par des policiers, alors leur droit de grève est levé ».