Reilly veut entamer la phase d’information

Au lendemain de l’annonce de la fermeture, fin juin, de l’usine anversoise d’Opel, le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) s’est entretenu ce vendredi par téléphone avec le patron de GM Europe, Nick Reilly. Ce dernier a affirmé vouloir respecter la loi Renault, qui prévoit notamment une phase d’information. Cette phase devrait être brève.

Kris Peeters et Nick Reilly se sont entretenu environ une demi-heure par téléphone ce vendredi après-midi. Le ministre-président en a notamment profité pour dénoncer une nouvelle fois le plan de fermeture d’Opel Anvers. Il qualifie la décision du groupe de « pas raisonnable ».

« Nous sommes indignés de la façon dont une multinationale comme General Motors a traité ce dossier. La décision de fermer Opel Anvers est une faute. Le site d’Anvers est sain et la fermeture d’une entreprise saine n’est pas raisonnable ».

Kris Peeters reproche à la direction du groupe automobile d’avoir basé sa décision sur des raisons purement économiques. Il lui a aussi rappelé sa promesse, non tenue, de présenter un plan d’affaires. Selon Nick Reilly (photo), un tel plan existe, mais il contiendrait des éléments confidentiels qui ne peuvent être divulgués.

A l’issue de son entretien avec le patron de GM Europe, le ministre-président flamand a estimé que la critique ne devrait guère influencer Reilly. « Je n’avais pas l’intention de l’impressionner. Monsieur Reilly n’en est pas à son coup d’essai et n’est pas du genre à être vite décontenancé ».

Nick Reilly aurait cependant confirmé à Kris Peeters qu’il respecterait la loi Renault. Il souhaite entamer le plus vite possible la première phase, dite d’information. Il s’est aussi engagé à examiner correctement les solutions de rechange qui lui seront proposées pour l’avenir d’Opel Anvers. Selon lui, cette phase doit être brève, pour que les 2.600 membres du personnel puissent obtenir rapidement une réponse claire sur la situation de leur usine.

Ce vendredi, Kris Peeters devait également s’entretenir avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le ministre-président flamand souhaite obtenir une réponse au sujet du soutien accordé par d’autres pays membres de l’Union à General Motors.

« Toutes les solutions alternatives sont étudiées »

Plus tôt dans la journée, le gouvernement flamand avait annoncé qu’il soutenait les syndicats et employeurs dans la recherche de solutions alternatives pour l’usine Opel à Anvers. Kris Peeters rencontrait ce vendredi matin les partenaires sociaux flamands. La réunion a surtout insisté sur l’importance d’appliquer la loi Renault.

« Celle-ci stipule clairement que la première phase doit être consacrée à la formulation de solutions alternatives à la fermeture, et que la direction doit donner une réponse à ces propositions alternatives », déclarait Peeters (photo) à l’issue de la rencontre.

Les syndicats devront donc proposer des solutions alternatives. Le gouvernement flamand veut leur donner toutes les chances. La direction de GM est ensuite obligée par la loi de consulter ces propositions, de les commenter et d’y formuler une réponse. Ce que Nick Reilly a promis de faire.

Le gouvernement flamand ambitionne en outre de réformer toute l’industrie flamande. Celle-ci doit être plus durable pour pouvoir survivre à l’avenir. Kris Peeters tiendra le 5 février prochain des Etats-généraux, pour élaborer un pacte pour l’industrie en Flandre.

« Nous refusons toute fermeture d’usine »

Quant aux syndicats, ils se concerteront la semaine prochaine avec leurs collègues dans les autres pays européens où General Motors possède des usines - à savoir en Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne, Autriche, Pologne et Hongrie.

Le puissant syndicat allemand du secteur métallurgique IG Metall a déjà fait savoir que le personnel ne contribuera pas pour un cent à la restructuration d’Opel. « Nous refusons toute fermeture d’usine, en en premier lieu la fermeture de l’usine d’Anvers. A ces conditions, un accord sur les mesures d’économies réclamées est impossible ».

Fin 2009, GM Europe affirmait devoir réaliser des économies à hauteur de 3,3 milliards d’euros. Quelque 265 millions d’euros devraient être économisés sur le personnel, notamment via des modérations salariales.

Opel au Parlement flamand

Ce lundi, un débat d’actualité sera tenu au Parlement flamand au sujet de l’usine Opel d’Anvers. Il débutera à 14h30.