Polémique sur les contacts avec Kabila

Steven Vanackere (CD&V), le ministre des Affaires étrangères, a récusé dimanche soir les critiques de son prédécesseur Karel De Gucht (Open VLD) sur son entretien récent avec le président congolais Joseph Kabila, au nom de l'efficacité de la diplomatie.

"Personne n'a le monopole de la préoccupation" à propos de la situation en République démocratique du Congo (RDC), a-t-il affirmé à quelques journalistes à Bujumbura, quelques heures après les déclarations l'ancien chef de la diplomatie belge et actuel commissaire européen.

Mais "je voudrais mener une diplomatie efficace, axée sur les résultats", a ajouté Steven Vanackere, soulignant en substance qu'il trouvait préférable de poursuivre le dialogue avec des partenaires plutôt que de se fâcher avec eux.

Mais il a assuré n'avoir "écarté aucun sujet" lors de sa rencontre mardi avec M. Kabila à Lubumbashi, au deuxième jour d'une tournée africaine.

Karel De Gucht, traditionnellement très critique sur l'évolution de la RDC et les dirigeants congolais, avait affirmé dimanche sur le plateau de l'émission Zevende Dag de la VRT qu'"en tant qu'être humain, je n'aurais pas pu me résoudre à avoir un entretien agréable avec Kabila, un verre de bière à la main".

"La politique de la démolition de rapporte rien"

De son côté, le ministre de la Coopération, Charles Michel (MR) défend l'entretien qu'a eu le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere (CD&V) avec le président congolais, Joseph Kabila.

Il a noté lundi sur les antennes de la VRT que la "politique de la démolition" ne rapportait rien.

"Il est logique que le ministre Vanackere s'il va au Congo ait des contacts avec les acteurs politiques", a souligné Charles Michel, remarquant que cela ne signifie pas qu'il apporte son soutien, mais qu'il a la capacité pour plaider pour la bonne gouvernance et pour s'attaquer au problème de la corruption.

Pour Charles Michel, il appartient au ministre des Affaires étrangères belge de conduire le dialogue avec le gouvernement congolais.

Le plus important, ce sont les résultats, a-t-il remarqué.
Concernant les propos critiques du commissaire européen pour le développement et l'aide humanitaire, Karel de Gucht (Open Vld), Charles Michel souligne qu'il est libéral et qu'il pense donc que M. De Gucht a la liberté de donner son avis. Il remarque qu'il partage l'analyse du commissaire européen sur la situation humanitaire au Congo.