Reprise du travail à Opel Anvers

A l’usine anversoise d’Opel, l’équipe du matin a repris le travail ce mardi, après deux jours de chômage temporaire planifiés depuis quelques temps. Plusieurs actions sociales étaient cependant prévues, en raison de la menace qui plane sur les 2.600 emplois à Opel Anvers. Des délégués syndicaux des usines européennes d'Opel se sont ainsi réunis à l'usine belge, pour lui témoigner leur solidarité.

Première journée de travail à Opel Anvers depuis l’annonce, par la direction, de la fermeture de l’implantation belge fin juin prochain. Ces vendredi et samedi, l’usine était fermée, mais il s’agissait là de jours de chômage temporaire planifiés de longue date.

Le personnel ne devait néanmoins pas travailler beaucoup ce mardi, plusieurs actions de grève ponctuelles étant en effet possibles.

Ce mardi après-midi, des délégués syndicaux d’usines Opel dans toute l’Europe - et en particulier de Grande-Bretagne, d'Espagne, de Pologne et d'Allemagne - sont arrivés à Anvers. Ils venaient y témoigner leur soutien aux collègues de l’usine belge et discuter avec eux d'une réaction commune face à la fermeture annoncée.

Aux portes de l’implantation anversoise, les syndicats ont encouragé le personnel à se mettre au travail. Ils affirment que chaque voiture assemblée peut alors servir de gage dans les négociations avec la direction. Les syndicats continueront d’ailleurs ce mardi à empêcher que les voitures assemblées ne quittent l’usine.

Les syndicats appellent également le personnel à prendre part massivement, vendredi, à une manifestation nationale à Bruxelles.

Malgré l’encouragement des syndicats, les travailleurs témoignent ce mardi de peu d’enthousiasme à l’ouvrage. « Nous n’y croyons plus », déclare une employée avant d’entrer dans l’usine. « Les uns disent que la porte est encore entrouverte, les autres non. Nous verrons donc bien ce qui va nous arriver. Mais ce n’est pas agréable de perdre son emploi, certainement quand on a travaillé 20 ans ici. Et il n’est pas agréable non plus de devoir reprendre le travail maintenant en faisant semblant que tout va bien ».

Concertation et information

Les travailleurs interrogés affirment préférer que l’affaire soit réglée aussi rapidement que possible. Selon certains, l’espoir des syndicats et du gouvernement flamand de maintenir l’usine en activité est « un faux espoir ».

Un document secret de la maison-mère General Motors, dont l’existence a été révélée ce lundi par le quotidien Frankfurter Rundschau, enlève tout espoir au personnel d’Opel Anvers. Il y serait écrit que les modèles Astra (photo), qui sont actuellement assemblés à Anvers, seront repris dès juin par l'usine Opel de Bochum (Allemagne).

Une réunion de concertation des représentants syndicaux de toutes les usines européennes d’Opel a donc lieu ce mardi à Anvers. L’équipe du matin sera ensuite informée par les syndicats. Le personnel aura aussi droit à un discours de Klaus Franz, syndicaliste et président du conseil d’entreprise européen.