Une zone de “tolérance zéro” à Anderlecht

Une réunion de concertation avait lieu ce lundi matin chez le procureur du roi de Bruxelles, Bruno Bulthé, en présence des ministres de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V) et de l’Intérieur Annemie Turtelboom (Open VLD), mais aussi du parquet de Bruxelles, du chef de la zone de police Bruxelles-Ixelles et des bourgmestres des 19 communes de la capitale. Cette réunion faisait suite à plusieurs incidents avec violence survenus ces derniers jours à Bruxelles, pendant lesquels deux policiers ont été blessés. Une zone de « tolérance zéro » sera instaurée dans certains quartiers d’Anderlecht.

Samedi, un bureau de change était victime d’une attaque dans la commune bruxelloise de Laeken. Il s’en suivait une folle poursuite entre les gangsters et la police, qui se termina par une fusillade à proximité de l’église de Laeken. Un agent fut grièvement blessé.

Il s’agissait déjà du deuxième incident violent à Bruxelles en quelques jours de temps. Le 21 janvier, un agent avait en effet également été blessé après une attaque à main armée sur un supermarché à Molenbeek.

Ces divers incidents, additionnés à des vols avec violence commis notamment la semaine dernière envers des étudiants de l’Institut Supérieur Industriel de Bruxelles, installé dans la commune d’Anderlecht, ont fait réagir plusieurs partis politiques. Certains réclament une « tolérance zéro » pour des faits commis contre les autorités, d’autres demandent que les actuelles six zones de police dans la capitale soient fondues en une seule grande zone pour en augmenter l’efficacité.

Lors de la réunion de ce lundi matin entre le procureur du roi Bruno Bulthé, des membres des cabinets des ministres de la Justice et de l’Intérieur, le parquet de Bruxelles, le chef de la zone de police Bruxelles-Ixelles et les bourgmestres des communes bruxelloises, le procureur a proposé d’introduire une zone de « tolérance zéro » dans certains quartiers de Bruxelles.

« Des criminels qui attaquent les services de secours doivent être sévèrement punis », affirme le procureur du roi. « Il ne faut pas tolérer que la police n’ose plus se rendre dans certains quartiers ». Bruno Bulthé plaide en faveur d’une procédure judiciaire accélérée, pour pouvoir punir rapidement des criminels.

A l’issue de la réunion, il a été décidé d’introduire des zones de « tolérance zéro » dans plusieurs quartiers de la commune d’Anderlecht.

Une zone de police unique ?

Ce dimanche, plusieurs partis politiques ont plaidé en faveur d’une seule grande zone de police pour la capitale belge. Il s’agirait de fusionner les six zones de police actuelles. Le bourgmestre d’Anderlecht, Gaëtan Van Goidsenhoven (MR), craint cependant que la police se distancie ainsi des citoyens.

Ce dimanche, les ministres de l’Intérieur Annemie Turtelboom et de la Justice Stefaan De Clerck plaidaient, de leur côté, pour une plus grande collaboration entre les zones de police bruxelloises.

Entretemps, les syndicats de la police se disent fatigués des attaques envers des agents. Ils ont déposé un nouveau préavis de grève. Une action symbolique est en tous cas prévue pour ce mercredi dans la zone Ixelles-Bruxelles. « Nous voulons que davantage de patrouilles soient envoyées dans certains quartiers », conclut Philip Van Hamme du syndicat national du personnel de police et de sécurité.

"Examiner sans tabou les moyens de protection"

S’exprimant ce lundi matin dans l’émission « De Ochtend » de la VRT au sujet du problème d’insécurité à Bruxelles, le Premier ministre Yves Leterme (CD&V, photo) a affirmé qu’il faut examiner « sans tabou » tous les moyens de protection qui pourraient être envisagés.

Le gouvernement examinera ces prochains jours ce problème d’insécurité. Mercredi, la question figurera à l’agenda du conseil des ministres restreint.

Mais selon Yves Leterme, « cela n’a pas de sens de libérer des moyens supplémentaires s’ils ne sont pas bien utilisés. Un certain nombre de problèmes peuvent en effet être évités grâce à une présence préventive sur le terrain ».

Le Premier ministre se dit en faveur de la création d’une seule grande zone de police pour Bruxelles, mais conseille la prudence. « Cela ne sert à rien d’imposer une telle zone unique si Bruxelles n’est pas prête à y participer ».