Dexia réduit son bilan d’un tiers

La banque franco-belge Dexia a accepté de réduire son bilan d'un gros tiers d'ici à 2014, en vendant des actifs notamment en Espagne et en Italie, afin d'obtenir le feu vert de Bruxelles aux aides publique qui lui ont permis de faire face à la crise.

Le président du conseil d'administration du groupe, Jean-Luc Dehaene (photo), a fait cette annonce vendredi au cours d'une conférence de presse à Bruxelles, près de 16 mois après le sauvetage par les gouvernements belge, français et luxembourgeois du groupe spécialisé dans les prêts aux collectivités locales.

"Je voudrais me réjouir du fait qu'il y ait un accord" avec la Commission européenne, a déclaré M. Dehaene, précisant que, formellement, Dexia avait encore besoin de l'accord de l'ensemble du conseil d'administration.

"A l'horizon 2014, le bilan du groupe aura diminué de 35% environ" comparé à fin 2008, a précisé à ses côtés l'administrateur délégué du groupe, Pierre Mariani.

Il y a un an, Paris, Bruxelles et Luxembourg avaient injecté 6,4 milliards d'euros dans Dexia pour la sauver de la faillite, puis garanti sa dette à hauteur de 150 milliards d'euros, un montant depuis ramené à 100 milliards.

Or, la Commission, gardienne des conditions de concurrence équitables en Europe, exige que toutes les banques soutenues par les pouvoirs publics pendant la crise se restructurent afin de garantir qu'elles n'auront pas besoin d'aides supplémentaires à l'avenir.

"Nous nous sommes engagés à céder des activités de financement de collectivités en Italie et en Espagne", a expliqué M. Mariani.

Mais pour la Belgique, le principal est ailleurs : la survie d'une banque essentielle pour le pays. Le groupe se rencontre donc sur la Belgique, la France et le Luxembourg. "En Turquie, nous cèderons la partie assurances, mais la partie bancaire est maintenue dans le groupe", a toutefois souligné M. Dehaene.

Dexia va également vendre des actifs en Slovaquie et aura l'interdiction de procéder à des acquisitions pendant deux ans sans accord de la Commission.

La commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes (photo), a fait part, via son porte-parole, de sa satisfaction face à la perspective d'une "restructuration de Dexia qui assurerait sa viabilité" et d'une "réduction d'activité suffisante pour compenser les distorsions de concurrence" liées aux aides.