Buizingen: le conducteur a déjà nié un signal

La Société nationale des chemins de fer belges a confirmé que le conducteur blessé dans la collision des deux trains de passagers survenue lundi matin à Buizingen (Hal) a, l’an dernier, ignoré un signal terrestre. Il avait alors été sanctionné pour cette infraction, puis remis en activité après évaluation. Le conducteur maintient, de son côté, qu’il n’a pas brûlé de feu rouge lundi dernier.

Ce vendredi, le porte-parole de la SNCB, Jochem Goovaerts, précisait que le conducteur blessé dans la collision des deux trains à Buizingen (l’autre conducteur y a laissé la vie) avait déjà ignoré un signal par le passé. L’incident s’est produit l’an dernier. Il s’agissait alors d’un signal terrestre placé près d’une installation de lavage de train à Forest.

« L’homme circulait à bord d’un train de passagers vide et a ignoré un signal au sol indiquant la vitesse autorisée de 5 km/heure, ce qui a fait que le train s’est arrêté un mètre trop loin. La fonction d’un tel signal est de guider le conducteur. Le risque théorique de conséquences graves au fait de le dépasser est à peu près nul », ajoutait Jochem Goovaerts.

« Néanmoins, nous ne sous-estimons pas les infractions à la sécurité, aussi minimes soient-elles ». Le conducteur avait donc été sanctionné, conformément à l’usage à la SNCB. Il n’avait ainsi pas pu conduire de train pendant un certain temps.

Lors de la reprise de son activité, il avait été évalué par un instructeur pendant plusieurs jours. Cette évaluation s’était révélée positive, dans ce cas, précise Goovaerts.

Le conducteur a été auditionné

Le conducteur qui a survécu à la catastrophe ferroviaire de lundi à Buizingen a été auditionné pour la première fois ce vendredi. L’homme est en service depuis un an et demi à la SNCB.

Il a maintenu ne pas avoir brûlé un feu rouge quelques instants avant la collision meurtrière. Des propos qu’il avait déjà tenus à sa famille et aux instructeurs de la SNCB.

Une enquête technique devra cependant encore confirmer ou infirmer ses déclarations.

"Les images montrent le feu rouge"

Des images provenant de la cabine d’aiguillage de Bruxelles-Midi indiquent que le feu était effectivement rouge pour le train venant de Louvain qui est entré en collision frontale, lundi, avec un autre train de passagers à Buizingen. C’est en tous cas ce qu’affirme Luc Pauwels, président du Syndicat indépendant des cheminots (SIC).

La cabine d’aiguillage de la gare de Bruxelles-Midi contient un livre de bord qui enregistre, sous forme de texte, ce qui se passe à chaque instant avec les feux de signalisation. Ce livre est actuellement aux mains des enquêteurs et son contenu est maintenu secret.

Mais il existe aussi un enregistrement en images, et celui-ci indiquerait que le feu était déjà au rouge depuis quelques minutes au moment où le train venant de Louvain l’a dépassé. « Nous avons passé les images de la cabine d’aiguillage de Bruxelles-Midi, minute par minute, et nous pouvons en conclure que le signal pour le train venant de Bruxelles-Midi était effectivement rouge », explique Luc Pauwels.

Selon le président du SIC, il n’est cependant pas exclu qu’il y ait eu un manquement technique au signal ou au train.

Luc Pauwels estime pourtant qu’il est « à 99,9% certain que le machiniste du train Louvain/Braine-Le-Comte a brûlé le feu rouge lundi dernier ».