Van Rompuy prudent devant les eurodéputés

Le président du Conseil de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, s'est présenté mercredi, pour la première fois depuis son entrée en fonction le 1er janvier dernier, face au Parlement européen pour un débat consacré aux résultats du sommet européen informel de début février.

Herman Van Rompuy y a prononcé un discours très prudent mais aussi très clair. C’était la première apparition du président du Conseil devant les eurodéputés. Il a été chaleureusement accueilli par le président du Parlement Jerzy Buzek.

En venant devant l'assemblée, Herman Van Rompuy voulait témoigner de son respect pour le Parlement européen, qu'il n'est - juridiquement - pas tenu d'informer des résultats d'un sommet informel.

Le Traité de Lisbonne, qui a créé la fonction de président permanent du Conseil européen, ne le contraint qu'à faire rapport des sommets européens formels, ceux de mars, juin, octobre et décembre.

L'ancien Premier ministre fédéral a expliqué les résultats de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement des 27, principalement consacrée à la situation économique et à jeter les bases d'une nouvelle stratégie socio-économique pour l'UE à l'horizon 2020.

Les dirigeants européens s'étaient aussi entendus sur une déclaration commune à propos de la crise financière frappant la Grèce.

Une minute de silence

En début de séance, les députés européens ont observés une minute de silence en mémoire des victimes des inondations à Madère (Portugal) et de la catastrophe ferroviaire de Buizingen.

Parmi les victimes de la collision du 12 février figurait une employée du Parlement européen.

Van Rompuy se fait insulter

Le chef de file des europhobes britanniques, Nigel Farage, a créé le scandale en insultant Herman Van Rompuy, le comparant à "une serpillière" et s'attirant la réprobation de la majorité de l'assemblée.

"Je ne veux pas être impoli, mais vraiment, vous avez le charisme d'une serpillière humide et l'apparence d'un petit employé de banque", s'est écrié Nigel Farage, élu de l'UKIP, un parti qui prône le retrait du Royaume-Uni de l'UE.

"Qui êtes-vous ? Je n'avais jamais entendu parler de vous, personne en Europe n'avait jamais entendu parler de vous", a-t-il poursuivi, ajoutant: "Vous venez de Belgique, qui est plutôt un non-pays".

"Mais je sens que vous êtes compétent, et capable et dangereux", a-t-il précisé, en citant en exemple la Grèce, avec ses difficultés financières, qui "a été réduite à guère plus qu'un protectorat depuis que vous avez pris le pouvoir".

Réagissant à son intervention, le président du Parlement Jerzy Buzek a estimé que "de telles atteintes personnelles ne sont pas tolérées" dans cette enceinte, tandis que le président du groupe socialiste, Martin Schulz, a demandé à Nigel Farage de "renoncer à son mandat".

Le chef de groupe du Parti Populaire Européen (PPE, conservateur), Joseph Daul, a rappelé la possibilité qu'a la Grande-Bretagne de quitter l'UE.

Reprenant la parole devant les députés, Herman Van Rompuy a affirmé pour sa part avoir entendu une intervention pour laquelle il n'a "que du mépris". "Mais je n'interviens pas là-dessus", a-t-il ajouté sans autre commentaire.

(avec AFP et Belga)